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« Les partenaires sociaux continuent de concevoir les
diplômes comme des qualifications très précises et non comme une mobilité
professionnelle tout au long de la vie » (Paul Santelmann, Afpa)
Paul Santelmann, responsable de la prospective à l’Afpa, s’est
exprimé jeudi 22 novembre sur le thème : « Stigmatiser les salariés ou
reconnaître leurs compétences ? », dans le cadre du forum sur « Le français, une
compétence professionnelle ». Organisé par le Comité de liaison
pour la promotion des migrants et des publics en difficulté d’insertion
(CLP), ce colloque s’est déroulé les 21 et 22 novembre à Paris (voir notre article sur la première
journée).
« On vit en France avec une représentation des
qualifications héritée des “Trentes glorieuses” (1945-1975) », a-t-il
attaqué en guise de préambule. Selon lui, ces représentations ont été
construites autour d’un pacte social fondé sur le plein emploi et la pénurie de
travail. Cela a entraîné la formation de représentations étroites confinant au
« malthusianisme ». « Le besoin de main-d’œuvre
était tel que beaucoup de jeunes de l’époque n’ont pas fait d’études, a-t-il
rappelé. Dans les années 60, 500 000 jeunes sortaient annuellement
du système éducatif sans le CAP ou uniquement avec le CAP en poche. Personne ne
s’est soucié de leur avenir. On pensait que le plein emploi serait éternel. De
ce point de vue, les années de crise ont remis les pendules à l’heure ».
La faute aux fondamentaux de l’école, construits sur la séparation
forte entre savoirs académiques et savoirs du travail. « Une
séparation qui a pénalisé les 12 millions d’ouvriers et d’employés qui
continuent d’être perçus à travers ce prisme déformant », analyse Paul
Santelmann.
Une machine à stigmatiser
Pire : les choix éducatifs majeurs faits aujourd’hui
perpétueraient ce clivage stigmatisant. « Plutôt que de former les
jeunes aux mobilités, on continue de les préparer à un emploi précis,
condamne-t-il. Au risque d’en faire des chômeurs. C’est très
pénalisant pour ces jeunes, sans parler des jeunes infra niveau V, les 160 000
qui sortent chaque année du système scolaire sans aucun bagage. De ces derniers,
on dit carrément qu’ils ne savent rien. Ce qui est une manière d’en rajouter
dans la stigmatisation. Mais qu’est-ce qui différencie un jeune qui a eu son CAP
de justesse d’un autre qui l’a raté de peu ? » Une logique qu’il résume
d’une formule choc : « Notre système éducatif est devenu une
machine à stigmatiser les nouvelles générations. »
C’est dire, selon Paul Santelmann, si « nous avons
besoin de réinterroger les fondamentaux du système éducatif, notamment la
conception qu’en ont les partenaires sociaux eux-mêmes. Ainsi, à l’Afpa et les
commissions consultatives professionnelles, qui élaborent les titres
professionnels du ministère du Travail, continuent de concevoir les diplômes
comme des qualifications très précises et non comme une mobilité professionnelle
tout au long de la vie. Le discours consensuel sur la formation professionnelle
n’a pas encore irrigué les concepteurs du système de formation
professionnelle ».
Dans le même esprit, Paul Santelmann juge que la VAE s’appuie sur
« des référentiels de diplômes inadaptés ». Autrement dit, « des référentiels hyper spécialisés qui ne sont pas conçus pour
reconnaître les expériences multiples. Doit-on mobiliser quinze diplômes
différents pour reconnaître une expérience professionnelle ? »,
s’interroge-t-il non sans ironie.
Ne pas bien comprendre la langue complique non seulement le
travail, mais aussi l’intégration sur le lieu du travail
Rencontrer des difficultés pour
parler le français constitue inévitablement un frein pour
s’intégrer professionnellement. Aujourd’hui, en
France, un million de migrants ne maîtrisent pas le
français, selon l’Agence nationale pour la cohésion
sociale et l’égalité des chances
(L’Acsé). Quelles sont les politiques menées en
matière de formation pour favoriser leur épanouissement
professionnel ? Que nous apprennent les études conduites
par des équipes de chercheurs pluridisciplinaires ? Ces
deux questions sont au coeur du colloque « Le
français, une compétence professionnelle »,
organisé par le Comité de liaison pour la promotion des
migrants et des publics en difficulté d’insertion (CLP).
Ce forum s’est ouvert le 21 novembre et se termine
aujourd’hui.
Les travailleurs sont aujourd’hui davantage en prise avec l’écrit,
en raison de la multiplication des outils informatiques, qui sollicitent nos
capacités de lecture et d’écriture. C’est sur ce postulat que Laurent Filletaz,
chercheur en linguistique à l’Université de Genève, a débuté, mercredi 21
novembre, la présentation d’une étude qu’il mène en Suisse. « Depuis les années 80 et le développement des nouvelles
technologies, nous prenons davantage conscience de la part langagière du
travail », constate-t-il. Raison pour laquelle « de nombreux
chercheurs pluridisciplinaires se sont penchés sur la place du langage au
travail. Hélas, si plusieurs ouvrages internationaux traitent cette thématique,
nous pouvons constater que ces écrits sont peu utilisés dans les
formations ».
L’étude conduite par Laurent
Filletaz se fonde sur une analyse minutieuse du monde de
l’entreprise et de ses codes langagiers. Ce linguiste a
été autorisé à filmer des mini
scènes de travail, notamment les échanges entre un
apprenti électricien et son maître d’apprentissage.
Grâce à la diffusion d’extraits, Laurent Filletaz a
pu illustrer précisément les effets d’une mauvaise
maîtrise du langage. Ainsi, l’apprenti d’une
quinzaine d’années confond, entre autres, les fonctions
d’un « compteur », d’un
« disjoncteur » et d’un
« contacteur », ce qui peut s’avérer
dangereux… Masquant ses failles, il élude
jusqu’à demander tout de go à son maître de
stage : « Mais
au fait, c’est quoi un compteur ? » Surprise et stupeur non dissimulées du
maître de stage : « Quoi, tu sais même pas reconnaître un
compteur, alors que tu en as fabriqué cinquante ?! » Commentaires de Laurent
Filletaz : « Cette scène montre le décalage entre le faire et le
comprendre. L’apprenti fabrique des compteurs, néanmoins il ne sait pas les
reconnaître, ni les nommer. »
Toujours dans ce même atelier, une séquence montre l’apprenti
bloquant sur une difficulté d’ordre technique : il peine à utiliser une machine.
Là encore, ses lacunes langagières vont lui rendre la tâche plus ardue. En
effet, il sera incapable d’exprimer les raisons pour lesquelles il ne parvient
pas à faire fonctionner la machine : « Ca ne marche pas, c’est
tout. Elle ne veut pas marcher », répète t-il sans cesse, en guise
d’explication. Son incapacité à formuler sa pensée aura pour conséquence
d’énerver quelque peu le collègue à qui il vient demander de l’aide. Lequel,
pour prendre du recul, finit par faire un jeu de mots… que l’intéressé ne
comprend pas ! « Le fait de ne pas bien comprendre la langue
complique non seulement le travail, mais aussi l’intégration sur le lieu du
travail. Les travailleurs peuvent ainsi être stigmatisés, en raison de leur gêne
à comprendre et à se faire comprendre », analyse Laurent Filletaz.
L’apprenti sera d’ailleurs stigmatisé lorsqu’il parlera de
« voiture » pour désigner un chariot. Les travailleurs maîtrisant mal leur
discours « connaissent une double difficulté. D’une part, ils sont
pénalisés par un manque de référentiel technique professionnel. D’autre part, il
ont des lacunes importantes sur du vocabulaire usuel ». En conséquence, ils
ont du mal « à verbaliser leur expérience professionnelle » et
à communiquer avec leurs collègues. Or, comme l’ont écrit les linguistes Lave et
Wenger, cités par Laurent Filletaz, « apprendre un métier, c’est
devenir membre d’une communauté de pratique ». Comment devenir membre d’une
communauté, lorsque quiproquos et incompréhensions émaillent le discours ?
Le groupe socialiste de la mission Travail-emploi s’alarme
de la baisse de crédits alloués à la formation professionnelle
Le 20 novembre prochain, le vote final de l’examen du projet de
loi de finances aura lieu à l’Assemblée nationale. Un projet de loi critiqué par
le groupe socialiste de la mission Travail-emploi.
Dans son discours du 7 novembre dernier à l’Assemblée nationale,
le député socialiste d’Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille, responsable du groupe
socialiste de la mission Travail-emploi, a notamment déploré le fait que « le Fonds unique de péréquation des excédents des sommes prélevées
pour la professionnalisation et le congé individuel de formation est ponctionné
de moitié, soit 200 millions d’euros pour financer l’indemnisation jusqu’alors à
la charge de l’Etat ».
Le député d’Indre-et-Loire a aussi regretté « la
baisse du financement des ateliers pédagogiques personnalisés », ainsi que
« l’amputation de 30% des crédits pour la validation des acquis de
l’expérience », déplorant également que les crédits « pour la
création de microentreprise soient divisés par deux ! ».
Selon Jean-Patrick Gille, l’examen du projet de loi de finances « remet également en cause les contrats aidés ». Le député
socialiste a mentionné notamment la « disparition du SEJE (soutien
à l’emploi des jeunes en entreprise) », la « diminution de 33
% de la dotation pour les CIE (contrats initiative emploi) » ; ainsi que les
« 140 millions d’euros de suppression d’exonération sur les
contrats de professionnalisation ». D’après lui, le secteur non marchand
serait également concerné, eu égard à une « baisse de volume
financier de 18 % des CAE (contrats d’accompagnement dans l’emploi » et de
« 27 % des contrats d’avenir ».
Le responsable du groupe socialiste de la mission Travail-emploi
estime par ailleurs le coût de la fusion ANPE-Unedic à « 300 ou
400 millions d’euros » et s’étonne de la « baisse prévue de 50
millions d’euros de la subvention de l’ANPE et du financement des Maisons de
l’emploi. « Elle entraîne le gel de la création des Maisons de
l’emploi et semble donc annoncer l’arrêt de l’approche territoriale des
problèmes d’emploi qui était en train de faire ses preuves », a-t-il ajouté.
Manpower a assuré 900 formations en faveur des salariés
handicapés
Manpower poursuit son action en faveur de l’emploi des salariés
handicapés, grâce notamment à la mise en place de formations spécifiques
permettant aux personnes handicapées de compléter et d’actualiser leurs
compétences. « Depuis 2005, Manpower a ainsi dispensé près de 900
formations à l’attention des travailleurs Handicapés dans tous les secteurs
d’activité, ce qui a représenté un investissement formation de plus de 1 million
d’euros sur deux ans », a précisé l’agence d’intérim dans un communiqué de
presse du 31 octobre, à l’occasion de la 11e Semaine pour l’emploi des personnes
handicapées , qui se tiendra du 12 au 18 novembre
La mission handicap de Manpower propose, entre autres, des
formations en alternance : contrats de professionnalisation, CDPI (contrat
développement professionnel intérimaire) et CIPI (contrat d’insertion
professionnelle intérimaire), CIF, VAE, etc. En 2007, 5 000 personnes
handicapées ont été employées par Manpower, soit une progression de 50% en trois
ans
Baptisée « Handicapable », la politique de Manpower encourage les
entreprises à diversifier leur recrutement et à lutter contre des préjugés
parfois encore tenaces vis-à-vis de l’emploi de travailleurs handicapés.
« Nous accompagnons les travailleurs handicapés dans
leur recherche en mettant à leur disposition notre expertise, notre savoir-faire
en matière de formation et les offres proposées par notre réseau d’agences",
souligne Françoise Gri, présidente de Manpower France. "Notre rôle
consiste également à rappeler aux entreprises leurs obligations légales et à les
sensibiliser au recrutement de personnes handicapées en levant les appréhensions
qu’elles peuvent avoir."
La DGEFP demande que l’organisation de la VAE se fonde sur
un comité régional
« Les travaux menés au sein du Comité
interministériel pour le développement de la VAE ont montré qu’un accroissement
significatif du nombre de ses bénéficiaires passe par une meilleure coordination
des certificateurs au plan régional », indique la circulaire DGEFP n°2007-24
du 4 octobre relative à l’organisation territoriale des certificateurs pour la
validation des acquis de l’expérience.
Désormais, « l’organisation de la VAE doit se fonder
sur un comité régional ». Lequel partagera et diffusera les productions
techniques du Comité interministériel pour le développement de la VAE. Il aura
aussi pour mission d’élaborer une information actualisée sur l’offre de
certification, les procédures des divers certificateurs, les tarifs pratiqués,
etc., à l’attention des organismes chargés de l’accueil et de l’orientation des
publics (Point d’information conseil) et des entreprises (Cris, Carif…). Le
comité régional identifiera et mutualisera « les bonnes pratiques,
notamment celles ayant trait au suivi “post-jury” des candidats » et fera
connaître « les stratégies que les certificateurs ont élaboré en
commun en réponse aux demandes collectives de VAE ».
La circulaire souligne aussi « la nécessité
d’inscrire de manière volontariste le développement de la VAE dans le cadre
d’une concertation approfondie avec les partenaires sociaux ». Le comité
consultatif régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP) « constitue l’instance la plus légitime pour mener à bien cette
mission ». « Si le contexte régional ne se prête pas à un
travail efficace dans le cadre du CCREFP, la mise en place d’une conférence de
pilotage de la VAE, co-présidée par le Conseil régional et l’Etat, peut
représenter une alternative efficace pour des actions ciblées comme
l’anticipation des mutations économiques », précise la circulaire.
La DGEFP souhaite faire un premier bilan de l’installation de ces
comités consultatifs régionaux début septembre 2008.
Agefos-PME Midi-Pyrénées édite un guide d’utilisation pour
la mise en place et le développement de la VAE en Midi-Pyrénées
Dans le cadre d’une enquête cofinancée par le FSE et la DRTEFP
auprès de 450 entreprises afin de connaître les freins liés au développement de
la VAE, Agefos-PME Midi-Pyrénées vient d’éditer un guide d’utilisation pour la
mise en place de la VAE dans les entreprises.
« Le Guide d’utilisation
pour la mise en place d’une démarche VAE dans
l’entreprise » a été conçu pour
être un véritable outil pédagogique
d’accompagnement des entreprises dans leur démarche de
formation. Il présente l’ensemble du dispositif et les
différentes étapes de sa mise en place, depuis la phase
de réflexion jusqu’à la phase de réalisation
du projet par le salarié.
Ce guide, réalisé avec et pour les entreprises, clarifie les
démarches administratives, présente les interlocuteurs et les financements du
dispositif sur la région Midi-Pyrénées.
Agefos-PME Midi-Pyrénées couvre près de 80 000 salariés sur la
région pour 9500 entreprises adhérentes.
La Région Poitou-Charentes se dote d’un "passeport
formation" pour assurer la transférabilité des droits à la formation
Les conseillers régionaux de Poitou-Charentes ont adopté le 22
octobre les orientations du budget 2008. « La formation restera au
cœur des priorités régionales du Poitou-Charentes », indique l’Agence
régionale de la formation tout au long de la vie. Ainsi, dans le cadre de la
conférence régionale des financeurs de la formation professionnelle, « un “passeport formation” sera mis en place pour assurer la
continuité et la transférabilité des droits à la formation des habitants de la
région ».
« Le recentrage des aides régionales sur les
formations les plus qualifiantes et la politique d’individualisation des aides
seront poursuivis en 2008 », ainsi que les politiques de développement de la
VAE et de l’apprentissage.
L’Agence régionale de la formation tout au long de la vie indique
aussi que « les dispositifs ACTEF, sas de préparation à la vie
professionnelle, première marche et immersion en entreprise, seront fusionnés
dans un souci d’efficacité, avec pour objectif l’accompagnement des jeunes vers
la qualification ». Des formations sanitaires et sociales, en partenariat
avec l’Afpa, seront également dispensées.
Un arrêté précise
la VAE pour le brevet d’infirmier d’encadrement de
sapeurs-pompiers professionnels
14 septembre 2007, par JL
Un arrêté du 24 août 2007 « relatif
aux dispenses accordées et à la validation des acquis de
l’expérience en vue de l’obtention du brevet
d’infirmier d’encadrement de sapeurs-pompiers
professionnels » a été publié au Journal officiel du 13 septembre. Ainsi, « une
commission nationale de validation des acquis de
l’expérience [...] est mise en place en vue de valider
[...] tout ou partie de l’expérience acquise par les
infirmiers d’encadrement appelés à suivre la
formation conduisant à l’obtention du brevet
d’infirmier d’encadrement de sapeurs-pompiers
professionnels ».
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=IOCE0764484A
Euroguide VAL crée des référentiels de formation pour les conseillers VAE à adapter selon les pays
Mettre en pratique des principes communs
européens à travers l’amélioration des
pratiques des acteurs de la VAE, tel était l’objectif de
l’action thématique Leonardo da Vinci Euroguide VAL dont
la conférence conclusive se déroule aujourd’hui et demain, 10 et 11 septembre, à Edimbourg (Écosse).
Dix partenaires d’Allemagne,
d’Estonie, de France, du Royaume-Uni et de Suède (Centrum
För Flexibelt Lärande, initiateur) ont travaillé sur
ce projet complexe pendant deux ans. Complexe, car les principes
d’apprentissage et les pratiques de reconnaissance des acquis
diffèrent selon les pays. « Le diplôme est prépondérant en France, explique Teresa Hemar, directrice du CIBC Artois Ternois, coordinateur du projet, « et
ceux qui n’en n’ont pas sont dévalorisés. Au
Royaume-Uni, en revanche, on trouve une culture de
compétences : ce qui est important, c’est
d’avoir les “skills assets”, les compétences
nécessaires pour accéder au monde économique ». L’existence et la pratique de la VAE varient également.
Après un état des lieux, les
partenaires ont défini des « pierres
angulaires » au projet : les principes à la base
de la VAE, les principes communs européens, le rôle de
l’orientation et du conseil pour la VAE, la diversité
culturelle et l’apprentissage mutuel, les professionnels
impliqués dans la VAE et l’offre de formation qui les
concernent. Euroguide VAL a consisté à identifier les
besoins de formation des professionnels tout au long du processus de
VAE et à apporter un cadre pour les formations (initiale et
continue) de ces professionnels, en particulier pour les conseillers
d’orientation.
« Nous avons
construit des référentiels que nous avons testés
sur des formations à différents niveaux »,
explique Teresa Hemar. Une formation de niveau licence à
l’université d’Aix-en-Provence, une formation
continue pour des professionnels en activité qui sont
chargés d’informer les étudiants à Tartu
(Estonie), une initiation à l’approche VAE pour des
conseillers d’orientation adultes (career counsellors), et une
autre formation en Suède destinée à des
conseillers en professionnalisation. « Nous avons identifié un socle commun de compétences, et ce référentiel commun européen qui sera mis à disposition [1]
ne doit pas être utilisé tel quel, mais doit pouvoir
permettre à chacun de puiser dedans et de l’adapter
à sa propre réalité sur le terrain », ajoute-t-elle.
[1] Sur le site Euroguide VAL Euroguide] d’ici la fin septembre.
http://www.euroguideval.org/france.html
http://www.cibcarras.org/
L’Ucanss publie un guide sur la VAE
« Conçu
comme un outil méthodologique et technique, [ce guide
méthodologique de la VAE] permettra aux responsables ressources
humaines et responsables formation de votre organisme de
répondre, si nécessaire, aux questions qui leur sont
posées », souligne Philippe Renard, le directeur de l’Union des caisses nationales de Sécurité sociale (Ucanss),
dans un courrier qu’il a adressé, le 22 août
dernier, aux directeurs de caisses de Sécurité sociale.
Ce courrier accompagnait ce guide faisant office de vademecum sur
l’utilisation de la VAE dans les caisses de
Sécurité sociale. Définitions et principes,
nomenclature des niveaux de formation ou coûts et financement
sont au nombre des sujets abordés par ce document. « Inscrite
dans les orientations prioritaires de l’accord de branche et de
la Commission paritaire de l’emploi et de la formation
professionnelle (CPNEFP), la VAE, qui est et restera une
démarche individuelle, est aussi une opportunité
collective », affirme Yves Dellery, directeur de la formation professionnelle de l’Ucanss dans la préface de ce guide.
http://dom-extra.ucanss.fr/ucanss/public/prod/TC.nsf/BA93821E45199410C12573440032C524/$file/guide-vae.pdf
L’Unédic précise les modalités de prise en charge des
actions de VAE des demandeurs d’emploi
Le directeur général de l’Unédic, Jean-Luc Bérard, a paraphé, le
26 juillet dernier, la circulaire 2007-11 précisant la prise en charge des
actions de validation des acquis de l’expérience pour les demandeurs d’emploi
indemnisés. Conformément à la décision du Groupe paritaire national de suivi
(GPNS), la circulaire indique que « le bénéfice de l’aide à la VAE
doit être maintenu aux allocataires qui engagent une action de validation des
acquis de l’expérience dans la limite de 12 mois suivant le terme de leur
indemnisation », à la condition que les actions de validation aient été
engagées « dans la première moitié de la période
d’indemnisation ».
« Ainsi, selon la filière d’indemnisation dans
laquelle ils se situent, les allocataires devront, afin de pouvoir bénéficier de
cette mesure, avoir engagé une action de validation respectivement au cours des
107, 350, 548 ou 638 premiers jours de leur indemnisation », précise
Jean-Luc Bérard dans cette circulaire.
L’Anact publie un numéro spécial sur la VAE collective en entreprise
L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail Anact publie dans le numéro juillet-août de Travail et Changement un dossier de seize pages sur le projet collectif de VAE en entreprise [1]
Le magasine définit la VAE comme « une forme particulièrement aboutie d’articulation entre le travail et la reconnaissance des compétences ».
Elle présente plusieurs avantages : le diplôme donne
des repères par rapport au marché et permet
d’envisager la mobilité. D’autre part, il renforce
l’identité et l’estime de soi. Dans le cas
d’emplois peu valorisés (aide à domicile,
téléconseillers…), il permet de les
reconnaître comme de vrais métiers pouvant ouvrir un
parcours professionnel au-delà de la VAE, bien qu’il
n’offre pas toujours une rémunération
supérieure « comme si la VAE est une reconnaissance par elle-même ».
Autre point relevé par les
auteurs : l’analyse nécessaire du bien-fondé
d’un projet collectif de VAE en entreprise. Les bienfaits de la
VAE peuvent avoir des répercutions favorables sur la vie de
l’entreprise (fidélisation des salariés,
construction de parcours professionnels, anticipation et adaptation au
changement…), mais les auteurs mettent l’accent sur
l’importance de la mise en place d’une ingénierie
spécifique pour « garantir la convergence des enjeux de l’entreprise avec ceux des salariés ».
Il ne s’agit pas de la promouvoir à tout prix, mais
d’établir un diagnostic en amont qui favorise « l’ancrage du projet dans une démarche compétence plus globale ».
La mise en place d’une
démarche VAE collective fait intervenir de nombreux acteurs. La
direction pour l’impulsion, les services RH ou formation pour
l’ingénierie du dispositif, l’encadrement comme
facilitateur de la démarche. Les partenaires sociaux ont, selon
les auteurs, « tout intérêt à s’impliquer dans ce type de projet
pour veiller à la bonne articulation des droits individuels et
des objectifs de l’employeur. Hors de l’entreprise, de
nombreux intervenants sur l’information, l’accompagnement
et le financement : « Depuis les Points
relais conseils, jusqu’aux organismes certificateurs en passant
par les OPca et les consultants, chacun peut avoir un rôle
à jouer dans le processus sous réserve d’une bonne
coordination et d’un travail en amont sur
l’ingénierie du projet. » Un meilleur
accès à l’information et une meilleure offre de
service sont à l’étude par tous ces protagonistes.
[1]
Coordonné par Patrick Conjard et rédigé par Sylvie
Boursier, chargée de mission à la DGEFP, Jean-Paul Sancy,
chargé de mission à la CFDT, Gilles Schildknecht, chef de
mission VAE au ministère de l’Éducation nationale
et Josette Layec, directrice d’études à l’institut MCVA
Avec l’appui du GIP International, le Sénégal souhaite
instaurer la VAE pour son apprentissage traditionnel
Mamadou Lamine Keita, Innocence Ntab et Moussa Sakho,
respectivement ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, ministre de la Fonction
publique, du Travail et des Organisations professionnelles et ministre de
l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle du Sénégal ont
signé, à Dakar vendredi 20 juillet, avec Michel Thierry, président du GIP
International, un programme de coopération entre la France et le Sénégal dans
les secteurs de l’emploi, du travail et de la formation professionnelle.
Un « appui à l’élaboration d’un dispositif de
certification par la validation des acquis de l’expérience applicable à
l’apprentissage traditionnel » est ainsi prévu par ce programme. Interrogé
par l’Agence de presse sénégalaise, Moussa Sakho estime que cela va « promouvoir l’approbation de la méthodologie de validation des
acquis de l’expériences que l’on souhaite appliquer à l’apprentissage
traditionnel [...] Cet appui vient contribuer à la dynamique que nous avons
impulsée avec les organisations professionnelles d’artisans, dans le cadre du
programme Partenariat pour l’apprentissage et l’ouverture du système de
formation professionnelle ».
Concernant l’emploi, des collaborations sont programmées pour le
« renforcement des compétences du personnel du service de la
main-d’œuvre, l’harmonisation des interventions du département de l’emploi,
l’aide à l’élaboration d’une nomenclature des métiers et emplois (ROME) et
l’appui à l’Observatoire national de l’emploi et des qualifications
professionnelles (ONEQP) », explique-t-on du côté de l’ambassade de France
au Sénégal. Créé en 1992 et chargé de préparer et de mettre en œuvre des
programmes de coopération et d’assistance technique de la France dans les
domaines des relations du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle
et des migrations, le GIP International est constitué par les « services centraux et locaux du ministère chargé du Travail, de
l’Emploi et de la Formation, l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE),
l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa),
l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et
l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle
(INTEFP) ».
Contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation
doivent être rapprochés
Pour sécuriser l’accès à l’emploi par la qualification, le rapport
de la Mission sénatoriale évoque plusieurs pistes : rapprochement des contrats
d’apprentissage et de professionnalisation, création d’un compte épargne
formation ou d’une dynamique autour de la VAE ou encore une régionalisation des
dispositifs d’orientation.
Rapprocher les contrats
d’apprentissage et de professionnalisation
Auditionné par la Mission sénatoriale, Gérard Larcher, alors
ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à l’Insertion professionnelle des
jeunes, avait estimé que devait être surmonté « le cloisonnement
entre formation initiale et formation continue, qui correspond à une logique
purement financière ». Cette « césure » entre les deux
systèmes a d’ailleurs été régulièrement mise en avant par les personnes
auditionnées par les sénateurs. Ainsi, pour « ouvrir les
frontières de la formation initiale », tout en s’appuyant sur « les vertus de l’entreprise “formatrice” », la Mission désire « simplifier les outils » et, concernant les contrats
d’apprentissage et de professionnalisation, souhaite « tout en
conservant à chacun des deux contrats ses spécificités, parvenir à une plus
grande mutualisation, en rapprochant ces deux types de contrats au sein d’un
cadre unifié de “contrat d’insertion en alternance” ».
Vers une « une formation
qualifiante différée »
Selon Martine Möbus, chargée d’études au département Formation
continue du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), « notre système de mobilité sociale repose presque exclusivement sur
la formation initiale et le diplôme qu’elle permet d’obtenir » et pour Paul
Santelmann, chef du service Prospective de l’Association nationale pour la
formation professionnelle des adultes (Afpa), « le niveau de
formation moyen de la population active dépend presque exclusivement de la
formation initiale. [...] Parmi [les 12 millions d’ouvriers et d’employés
français], seulement 15 000, après trente ans, accèdent à un niveau de
qualification supérieur à celui qui était le leur au départ ». Pour établir
un système de potentielle qualification tout au long de la vie, la mission
sénatoriale propose « la création d’un “compte épargne formation”.
[...] En effet, l’accès à un premier niveau de qualification constitue une
première étape capitale, certes, mais que la Mission souhaite inscrire dans une
logique plus globale de sécurisation des parcours des personnes se trouvant les
plus éloignées de l’emploi, à un moment où à un autre de leur vie
professionnelle ».
VAE : impliquer de manière
« dynamique » l’ensemble des acteurs
Malgré un « rythme de développement soutenu »,
la validation des acquis de l’expérience (VAE) peine encore à se généraliser,
car elle « s’inscrit dans un processus lourd, long et
complexe ». Pour développer ce dispositif, les sénateurs jugent nécessaire
« de renforcer l’information et l’accompagnement des candidats les
moins bien armés, pour les aider à formaliser leur projet et leur apporter un
appui tout au long de la démarche, en y impliquant de façon plus dynamique
l’ensemble des organismes d’accueil, à savoir notamment les “Points relais
conseil”, mais également l’ANPE, les Opca, les Missions locales ou les
CIO… ». Relevant les différences de prise en charge des frais
d’accompagnement d’une région à une autre, la Mission affirme que « l’appui de l’employeur s’avère [...] déterminant pour la réussite
de la démarche et l’incitation à l’entreprendre, en faisant l’objet d’une
reconnaissance dans la progression de carrière ou d’une valorisation
salariale ».
Imbriquer système éducatif et
formation professionnelle
« Une plus grande implication du système éducatif
dans le développement de l’apprentissage, comme dans celui de la validation des
acquis de l’expérience et de la formation continue des salariés, apparaît comme
un levier pour créer des points de contact entre les mondes scolaire et
universitaire et le monde du travail, ainsi que pour construire des passerelles
entre ces modes de formation », analysent les rédacteurs du rapport. Aussi,
comme le préconisait le rapport Hetzel (voir
article), les sénateurs souhaitent « rapprocher les
universités du monde de l’emploi » en consolidant, par exemple, « la représentation des milieux économiques et professionnels au sein
des conseils d’administration ».
Une meilleure articulation de
l’offre de formation aux besoins de l’emploi
« Une plus grande mise en cohérence de l’offre de
certification » est souhaitable ; cohérence devant « limiter
la tendance à l’inflation du nombre de titres ou diplômes ». Pour ce faire,
les rédacteurs considèrent que cela passera par « la
généralisation d’une concertation interministérielle accrue [...] pour aller
d’une logique de cloisonnement à une logique de complémentarité entre les titres
et les filières de formation ». Les compétences acquises devraient être
mises en avant afin d’améliorer la lisibilité pour les employeurs. Pour résumer,
cela suppose de « prendre en compte, comme critère de création,
d’évaluation et de révision, les perspectives et les résultats en termes
d’insertion professionnelle, comme cela est le cas pour les licences
professionnelles ».
Vers une régionalisation
des services d’orientation
« Qualifier tous les jeunes : passer de
l’incantation aux actes ». Par cet intitulé de chapitre, la Mission
sénatoriale s’attaque aux problèmes de la sortie du système éducatif de quelque
160 000 jeunes sans qualification et des dysfonctionnements de l’orientation en
tant que telle. Pour les sénateurs, il y a « un impératif
préalable : garantir la maîtrise des savoirs de base » des jeunes ; pour ce
faire, une généralisation de la mise en relation des jeunes en difficulté avec
les savoirs de base avec les Missions locales est évoquée.
En matière d’orientation, le rapport préconise de « professionnaliser les acteurs de l’orientation » en rendant,
notamment, les stages d’immersion en entreprise obligatoires « pour l’ensemble des enseignants et des personnels d’orientation, au
cours de la formation initiale, ainsi qu’en formation continue, de façon à
approfondir et actualiser en permanence la connaissance concrète de leur
environnement extérieur ». S’appuyant sur le rapport Lunel afférent à la
mise en place d’un schéma national de l’orientation et de l’insertion
professionnelle des jeunes, « la Mission souhaite […] confier aux
Régions la responsabilité de coordonner les services d’orientation, (lire aussi notre article sur la
décentralisation dans cette édition) afin d’assurer une meilleure cohérence
de l’information diffusée, de la rapprocher des besoins de l’économie et des
exigences en termes d’aménagement du territoire ».
Lire le rapport
La DGEFP et Manpower souhaitent développer la VAE
Jean Gaeremynck, délégué général à l’emploi et à la formation
professionnelle (DGEFP) et délégué interministériel au développement de la VAE
et Jean-François Ferret, directeur général délégué de Manpower France, ont
signé, le 4 juillet 2007, une charte de partenariat visant à développer la
validation des acquis de l’expérience (VAE) pour les intérimaires du
groupe.
Selon Manpower France, « cette charte de partenariat
vise à renforcer la collaboration entre les directions régionales du travail, de
l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP) et les directions
régionales de Manpower, afin de faciliter la mise en œuvre d’actions de VAE sur
tout le territoire national ». Depuis la création de la VAE, 150
intérimaires de l’agence ont obtenu un titre professionnel par ce dispositif.
Pour l’entreprise de travail temporaire, « cet engagement
s’inscrit dans la démarche de sécurisation et de valorisation du parcours
professionnel des collaborateurs intérimaires » ; accompagnement des
candidats, information, aménagement d’emploi du temps et prise en charge
d’éventuelles formations complémentaires faisant partie du dispositif mis en
place par l’agence.
« Les collaborateurs temporaires acquièrent au fil
des missions des compétences qui ne sont pas toujours spontanément identifiées.
Nous souhaitons poursuivre le développement de la VAE et accompagner dans toutes
les régions nos intérimaires qui souhaitent valoriser, grâce à ce dispositif,
leurs acquis et donner une nouvelle orientation à leur parcours
professionnel », souligne Jean-François Ferret. Cette charte a été signée
pour une période de deux ans et doit être déclinée par des conventions
régionales.
Professionnaliser les conseillers des Points relais conseil
VAE
La notion de professionnalisation est devenue si banale que Guy
Jobert, professeur titulaire de la chaire Formation des adultes au Conservatoire
national des arts et métiers Cnam [ 1], a tenu à en rappeler les fondamentaux devant un
parterre de professionnels acteurs des Points relais conseil (PRC) VAE réunis pour une journée
d’études nationale le 28 juin à Dijon par le C2R.
« C’est une modalité de lutte sociale de gens qui
ont la même activité, qui en vivent, et qui collectivement revendiquent une
reconnaissance sociale. » Ils souhaitent par là obtenir des « attributs et des avantages, faire attester que leur activité ne
s’exerce pas seulement parce qu’ils ont “du bon sens” mais parce qu’elle ne peut
être exercée que par des personnes dont c’est le métier ». Les nouveaux
métiers du secteur sanitaire et social, du service à la personne, de la
formation pour adultes, notamment les conseillers PRC, sont de bons exemples de
ces métiers émergents avec des pratiques nouvelles.
« Le groupe doit produire un discours collectif,
a poursuivi Guy Jobert, destiné à persuader les pouvoirs publics,
au mieux d’avoir le monopole de l’exercice de cette profession [2], au moins d’obtenir des attributs. » Pour ce faire, il faut
démontrer l’existence d’un besoin, ce qui est le cas des conseillers CRP VAE,
puisque le dispositif n’existait pas avant et n’existe pas ailleurs. « Il faut, ensuite, des savoirs spécifiques de haut niveau pour
répondre à ces besoins, avec l’Université comme partenaire obligée de production
de ces savoirs de haut niveau. » Le plus difficile restant à venir : « Il faut ensuite faire la preuve que la mise en œuvre de ces savoirs
permet d’obtenir de meilleurs résultats qu’avec d’autres savoirs ou aucun savoir
du tout. »
Pour Guy Jobert « l’analyse des pratiques fait
partie du processus collectif de construction des savoirs propres ou spécifiques
à la profession, même si certains sont empruntés à d’autres disciplines. Ce sont
des savoirs qui vont du bas vers le haut et que l’on fait émerger de l’analyse
des pratiques ». Il préfère parler d’analyse de son activité dans laquelle
on retrouve à la fois le travail prescrit et ce qu’on en fait. « C’est aussi ce qu’on ne fait pas, ce qu’on est empêché de faire et ce
qu’on est obligé de faire. L’activité, ce n’est pas que factuel, c’est
l’expérience vécue et la confrontation au réel. »
L’analyse passe par le langage : « Pour passer de
l’émotion à la pensée (…) Pour penser il faut parler, et pour parler il faut
inter-agir. ». L’analyse est une activité en soi avec comme objet une autre
activité passée et comme but une activité future. « Analyser les
pratiques, c’est une mise en évidence et un débat sur les normes de l’action. Il
s’agit de mettre à jour ce sur quoi on règle son action. » Le travail
s’exerçant sur des choses déjà existantes auxquelles vient se greffer la
nouveauté de l’action. « L’analyse des pratiques peut consister à
fabriquer collectivement des règles de métier dans le détail fin de l’action :
dans le réel il n’y a que le détail qui intéresse l’analyse des pratiques,
insiste-t-il, et d’essayer d’en dégager des règles de métier, de
mettre en délibération au sein des praticiens et de dégager un “genre
professionnel” . Cet échange de pratiques peut se faire dans les séminaires
et journées de formation, mais pour Guy Jobert, c’est dans le collectif de
travail qu’il faut « mettre en débat son action. Je plaide pour
que ce soit intégré dans le travail : pouvoir faire part de ses doutes, de ses
“bricolages”, mais aussi de ses réussites et que cela puisse se faire en
confiance ».
[1] Et professeur en sciences de l’éducation à l’Université de
Genève.
[2] Comme c’est le cas des médecins.
Comment évaluer les bienfaits de la professionnalisation des
conseillers en VAE ?
Quels ont été les bénéfices de la professionnalisation des
conseillers VAE ? Comment peuvent-ils rendre compte de l’efficacité de leurs
méthodes et conseils ? Sont-ils capables de tripler le nombre d’entrées en VAE
en 2008 ? Quantifier ne semble pas être une piste d’évaluation envisageable par
André Chauvet, consultant [1]
qui intervenait lors de la journée d’étude nationale des professionnels des
points-relais-conseil (PRC) VAE réunis le 28 juin à Dijon par le C2R. « Le problème de l’évaluation va devenir
central, prévient-il Ce n’est pas une fin en soi mais elle se
mesure à la qualité du service rendu. »
Pour lui, un conseiller de points relais conseils en VAE doit être capable de se situer
et d’identifier le terrain sur lequel il conseille. Il peut mobiliser toutes les
informations dont il dispose et les traduire « dans sa relation
avec le candidat » Il doit pratiquer la veille dans son domaine, et
l’alimenter, car le sujet est en perpétuel mouvement. Sorti des situations
« classiques », face à une situation inattendue, il n’est pas déstabilisé et
agit « en bon détective et en bon traducteur ». Il est capable
de s’autoréguler : il a un cadre, il a des moyens qu’il sait mobiliser. Il est
réactif et réajuste son attitude, et n’hésite pas à confronter sa lecture avec
celle des autres.
« L’évaluation des financeurs est fondée sur des
indicateurs d’activité et de résultats, analyse André Chauvet.
Or, ils ne font pas apparaître la qualité du conseil. » Pour lui, il y a
trois indicateurs incontournables. Le candidat est-il sorti « au
clair »
sur les informations sur la VAE ? C’est l’indicateur
de « lisibilité ». Suivi par celui de la
« scénarisation » : quelle place
prend la certification dans le processus de décision de la
personne ? Enfin, l’indicateur d’
« initialisation » : le candidat
passé par les mains d’un conseiller doit pouvoir se
positionner, savoir ce qu’il va faire après les entretiens.
« Vous pouvez vous donner des indicateurs »,
a-t-il exhorté les conseillers, « si vous ne dîtes pas ce que vous
faites, les autres vous diront ce que vous ne faites pas ! »
[1] Consultant en orientation et formation
La VAE a besoin d’accompagnements pour se développer
Globalement, « la certification a du succès en
France car c’est un repère social et sociétal », a analysé Anne-Marie
Charraud, rapporteure générale de la Commission nationale de la
certification professionnelle (CNCP), jeudi 14 juin, à l’occasion d’une
manifestation consacrée à la validation des acquis de l’expérience (VAE)
organisée par l’Association française de réflexion et d’échange sur la formation
(Afref). « Quinze ans après la loi instaurant la VAP, puis la
VAE, nous pouvons noter un intérêt très important sur le sujet, car la VAE est
un processus d’accès à ce sésame qu’est la certification. » Ce succès ne va
pas sans de profondes modifications dans l’approche même de la
certification.
Réformer les
référentiels
Avec l’avènement de l’expérience, alors que « nous
nous appuyions jusqu’ici sur des référentiels fondés sur la formation, se sont
posées les questions de savoir comment lire, déduire et évaluer les acquis de
l’expérience ? », rappelle Anne-Marie Charraud. Du côté de l’Opca-PL, l’Opca
des salariés des professions libérales, alors que beaucoup de salariés font
« fonction de » et que des problèmes de conformité à la loi se posaient, une
stratégie d’accès à la certification par la VAE s’est imposée. « Nous avons dû réinterroger nos référenciels qui étaient construits
sur la notion de savoirs », souligne Noemia Marques, chef de projet. « Dans la majorité des cas, les certificateurs ont été amenés à se
poser la question du sens de la certification dans le monde du travail »,
assure la rapporteure générale de la CNCP ; organisme imposant un chapître
d’accès par la VAE, à tout dépôt de dossier en vue d’une inscription au
Répertoire national des certifications professionnelles.
« Un maître mot » :
l’accompagnement
« Autodidacte, il était important pour moi d’entrer
dans une démarche de VAE pour, notamment, avoir une meilleur position par
rapport à une éventuelle mobilité professionnelle interne ou externe ou montrer
à moi-même que j’étais capable d’obtenir un diplôme », affirme Claudine
Guerlus, responsable de la cellule VAE du groupe Groupama. « N’ayant pas de méthodologie, j’ai pris conscience de la nécessité
d’être accompagnée. » De son côté, l’Opca-PL a mis en place en amont et
pendant la démarche de VAE, deux accompagnements pour les candidats : un premier
entretien de faisabilité pour baliser la démarche et un accompagnement pendant,
assuré par des centres interinstitutionnels de bilans de compétences (CIBC). « Aujourd’hui, sur la VAE, le maître mot est l’accompagnement »,
reprend Anne-Marie Charraud. « Il est aujourd’hui très accentué
sur les candidats, mais il y a aussi des besoins du côté des certificateurs, des
jurys et des entreprises pour qu’elles comprennent le sens et l’usage de la
certification. »
http://www.cncp.gouv.fr/
http://www.afref.org/
Une VAE peut en cacher une autre
La licence professionnelle proposée par l’université de Lille-I Gestion et accompagnement des parcours professionnels et
personnels dans les organisations permet à des agents de l’ANPE, à des
conseillers de Fongecif, d’Opca ou de services de VAE de se former ou de valider
leur expérience professionnelle. Des parcours maintenant balisés qui cachent une
histoire.
La professionnalisation des conseillers du Fongecif
Nord-Pas-de-Calais (voir notre article) a été un succès et le gros des effectifs a
bénéficié du plan de formation du FUP. Mais à l’époque [1], l’équipe des conseillers n’avait
pas voulu en rester là : « La formation du FUP est modularisée et
débouche sur des attestations, explique Laurence Druon, coordinatrice des
activités conseil de ce Fongecif. Mais il n’y avait pas de reconnaissance officielle en termes de
diplôme ou de titre. D’autre part, il n’existait ni titre, ni diplôme
correspondant au métier exercé à un niveau licence (les conseillers étant de
niveau bac, ou moins), seulement des DESS. »
Qu’à cela ne tienne, l’université de Lille-I a effectué un audit
des pratiques de la structure et a construit le référentiel d’une licence
professionnelle dont le titre devait être : « Des métiers du
conseil à la mobilité professionnelle ». En novembre 2002, cinq conseillers
du Fongecif Nord-Pas-de-Calais, un de Champagne-Ardenne et un de l’université
ont présenté leur dossier de validation des acquis devant le jury. Avec plus ou
moins de succès : certains devaient suivre quelque 300 heures de formation pour
obtenir le précieux diplôme. D’autres n’ont eu que 40 heures de formation pour y
prétendre.
Le problème est, qu’en fin de compte, ni le titre, ni la formation
n’ont été acceptés en l’état par la commission des titres. On a finalement
accordé aux postulants une licence professionnelle « des métiers de la
formation ». À leur grand dam : « Autant la licence
professionnelle initialement conçue convenait parfaitement à notre activité,
autant celle que l’on nous a accordée ne correspond pas, analyse Laurence
Druon. Elle valide des compétences que je n’ai pas. Elle m’ouvre
certes les portes d’une formation supérieure, mais elle ne correspond pas à mon
métier. Si je voulais m’en prévaloir lors d’une mobilité de carrière, je devrais
tout de même présenter mes expériences professionnelles. »
Selon Annie-Claire Groch, chargée de mission au centre de VAE de
l’université qui faisait partie de la promotion, tout vient d’un malentendu :
« Ce qui a été présenté comme une VAE ne l’était pas dans le sens
accepté aujourd’hui. L’audit avait mis en évidence des manques dans la pratique
des conseillers, comme la gestion des compétences ou des pratiques RH que les
modules de formation devaient combler. Le décret de la VAE était sorti en avril
2002, et le jury de sélection de novembre 2002 accordait des dispenses de
formation, pas encore de validations complètes. »
Les équipes pédagogiques de Lille-I ont par la suite conçu la
licence professionnelle GAPPP, que les conseillers du Fongecif ont voulu obtenir
avec une équivalence. Malheureusement, pour la décrocher, ils doivent refaire le
parcours VAE dans son ensemble…
La VAE bouscule les représentations de la connaissance
(Jean-Paul Géhin, Université de Poitiers)
L’Université d’Orléans organise les mercredi 30 et jeudi 31 mai
prochains ses « XIVèmes Journées d’études sur les données
longitudinales dans l’analyse du marché du travail », qui portent cette année
sur le thème « Ruptures et irréversibilités dans les trajectoires : comment
sécuriser les parcours professionnels ? » (voir notre autre article sur la
sécurisation des parcours).
Parmi les contributions relatives à la formation continue,
Jean-Paul Géhin, chercheur à l’Université de Poitiers, donnera une conférence
sur « La validation des acquis de l’expérience, un outil de gestion et une
nouvelle source de données sur les parcours professionnel ? »
Pour Jean-Paul Géhin, la VAE « interroge, voire
remet en cause, les conceptions traditionnelles et encore vivaces, des
comportements et des cursus individuels comme des relations
éducation-travail ». Et de dégager, à titre d’hypothèses, « quatre grands processus d’évolution des représentations collectives
que la VAE reflète, promeut et accompagne ».
Tout d’abord, la VAE bouscule la distinction entre d’une part, la
logique académique, de la connaissance, de la science et de la démarche savante
et celle des savoir-faire, de l’action, de la pratique et du sens commun.
Parallèlement, la VAE contribue à promouvoir et à diffuser « de nouvelles conceptions de l’acteur ordinaire qui se voit doter de
capacités d’analyse, de synthèse, de réflexivité ». Et ceci, dans un
contexte où les sciences humaines voient leur « modèle canonique
du raisonnement hypothético-déductif et de la rupture épistémologique »
remis en question.
Et bien sûr, ce qui n’est pas le moindre de ses mérites, la VAE
« valorise des cursus professionnels complexes, alternant les
périodes de formation, d’emploi et de chômage, multipliant des expériences
professionnelles diversifiées, et revendiqués comme tels par les
candidats ».
Enfin, ce nouveau mode de formation inscrit dans la loi de
modernisation sociale marque la « revendication » et « l’organisation de la perméabilité entre les différents temps de la
vie de l’individu ; en particulier entre le domaine professionnel, la vie
domestique et les loisirs, et l’espace des convictions individuelles s’exprimant
à travers le bénévolat et l’engagement politique, syndical ou
associatif ».
Les Fongecif perfectionnent leurs effectifs et veulent
ancrer leur réseau au niveau local
Entamée concrètement en 1999, la professionnalisation des
équipes des Fongecif se poursuit. Pas tant pour développer les compétences de
conseil et d’accompagnement des conseillers qui sont maintenant définitivement
intégrées. Mais le réseau envisage des pistes de progrès, notamment pour
renforcer ses coopérations au niveau local.
Les effectifs des Fongecif ont bel et bien changé. Les conseillers
maintenant recrutés le sont pour leurs compétences reconnues en conseil, en
recrutement, en bilan de compétences ou en gestion des ressources humaines. De
plus, on leur demande une expérience professionnelle qui atteste de leur
connaissance du monde de l’entreprise ou de l’insertion professionnelle.
Pourtant, il y a à peine dix ans, les Fongecif étaient encore essentiellement
investis dans la collecte des fonds et dans la gestion des dossiers des
salariés. Et les compétences des agents étaient en conséquence.
La professionnalisation des équipes décidée en 1997 et mise en
œuvre en 1999 par le Comité paritaire du congé individuel de formation
(Copacif) [1] semble donc avoir fait son office grâce aux
formations, aux échanges de bonnes pratiques, à des groupes de recherche-action
et à l’élaboration d’un guide repère de la fonction conseil.
« Les Fongecif ont vu leurs missions passer par
plusieurs étapes successives, explique François Lennuier, directeur délégué
du FUP. D’abord, un accueil à dominante administrative, puis
l’aide à la constitution du dossier, le choix d’un organisme de formation, la
conception d’un projet de formation, le projet professionnel pour être
maintenant dans l’accompagnement des parcours professionnels. » Quelles que
soient les spécificités de chacun des vingt-deux Fongecif métropolitains ou des
quatre d’outre-mer, les conseillers sont à même d’accompagner la transition
professionnelle des salariés qui les consultent.
Mais le contexte évoluant, le groupe d’appui à la
professionnalisation des équipes des Fongecif qui se réunissait le 23 mai,
réfléchit à des pistes de progrès. Il leur semble qu’une meilleure maîtrise de
tous les dispositifs d’orientation, de formation mais aussi de création
d’activité prévus par l’ANI pourrait bénéficier aux conseillers. Ils pensent
aussi devoir inclure les notions de sécurisation des parcours et de logique de
compétences dans les réflexions. Enfin, l’ancrage territorial est considéré
comme un objectif sérieux. « Nous devons apprendre à mieux
coopérer avec d’autres interlocuteurs au niveau local, explique Bruno
Bertoli, chargé de mission au FUP. À l’instar de certains Fongecif
qui participent à des conférences de financeurs, il faut que chacun essaie de
sortir de sa bulle. Nous devons développer la compétence de travail en réseau,
apprendre à coopérer avec d’autres structures, tout en gardant nos identités
respectives. »
[1] La loi du 4 mai 2004 a créé le Fonds unique de péréquation
(FUP), né de la fusion du Copacif (Comité paritaire du congé individuel de
formation) et de l’Agefal (Association de gestion du fonds des formations en
alternance).
Au Cnam, la moitié des demandes de VAE porte sur un diplôme
complet
En 2006, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) a proposé à
789 auditeurs d’intégrer la validation des acquis de l’expérience (VAE) à leurs
parcours de formation. 91% des auditeurs (725 personnes) ont obtenu une
validation totale ou partielle. 413 validations ont permis à des auditeurs
d’accéder à une formation sans le diplôme requis et 312 ont débouché sur la
délivrance partielle ou complète d’un diplôme. Au total, près de la moitié des
demandes de VAE a porté, l’an dernier, sur un diplôme complet.
Unifaf charge le Cnam d’évaluer son dispositif
d’accompagnement à la VAE
L’Opca et le Conservatoire ont signé, mercredi 16 mai, un
accord confiant au Cnam la responsabilité de l’évaluation du dispositif
d’accompagnement à la VAE pour les éducateurs spécialisés. Cet accompagnement
pourrait, à terme, concerner d’autres métiers de la branche.
Dans la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but
non lucratif, en matière de validation des acquis de l’expérience, « nous avons voulu aller plus loin que le cadre légal, en proposant
notamment pour le diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé (DEES) un accompagnement
individualisé de 175 heures, bien au-delà des 24 heures légales », rappelle
Annie Léculée, présidente d’Unifaf, l’Opca de la
branche. « Il est désormais important d’évaluer ce dispositif,
de montrer sa pertinence et éventuellement d’asseoir cette démarche dans
d’autres filières de la branche. C’est une commande de la Commission paritaire
nationale pour l’emploi (CPNE). » Cette évaluation sera menée par le Conservatoire national
des arts et métiers (Cnam) : Laurence Paye-Jeanneney, administratrice
générale du Cnam, Annie Léculée et Didier Tronche, vice-président d’Unifaf, ont
signé, mercredi 16 mai, un contrat de prestation de services pour en préciser
les contours.
3000 bénéficiaires de cet
accompagnement
Lancé en 2003, ce dispositif d’accompagnement vers la VAE a
concerné près de 3000 personnes. « Dans le secteur, beaucoup de
salariés n’ont pas le DEES et s’assimilent à des “faisants fonction”
d’éducateurs spécialisés », explique Annie Léculée. Pascale de Rozario,
sociologue des professions et responsable de la mission Développements européens
et formation du Cnam, est chargée de piloter cet audit ; audit visant à mesurer
« l’efficacité et la performance du dispositif au regard des
objectifs poursuivis, des ressources mobilisées et des résultats attendus »,
« la pertinence du dispositif de soutien pour la branche et pour
l’Opca, notamment au regard des enjeux de développement de qualification du
secteur sur l’emploi d’éducateur spécialisé », « la cohérence
et l’opportunité du dispositif au regard des autres possibilités d’accès au
DEES » et « les effets d’impacts du dispositif sur l’ensemble
des acteurs ».
Un audit national
Unifaf doit verser 89 000 euros au Cnam pour mener cet audit à
grande échelle. « Nous allons auditionner quatre types d’acteurs :
les salariés candidats à la VAE, les employeurs, des acteurs internes comme les
instituts régionaux du travail social (IRTS) qui ont peut-être utilisé ce
dipositif et des acteurs externes comme les directions régionales des affaires
sanitaires et sociales (Drass) », explique Pascale de Rozario. Nationale,
cette enquête va d’abord être menée en Midi-Pyrénées, région dans laquelle
seront testés tous les outils d’enquête de l’équipe du Cnam. Deux rapports
d’étape sont prévus en juillet et octobre prochains, avant un rapport final et
un colloque annoncés pour le premier trimestre 2008. « Cet accord
est important pour nous, ce dispositif d’accompagnement à la VAE soulève un
certain nombre de problèmes, il est intéressant de les cerner ensemble »,
souligne Laurence Paye-Jeanneney du Cnam. « C’est un défi
important pour nous et j’espère que ce n’est que le début d’une longue
collaboration avec Unifaf. »
Parution du document unique de recevabilité des dossiers
VAE
L’arrêté du 6 avril instituant le formulaire CERFA 12818*01 commun
à tous les ministères certificateurs pour la recevabilité administrative des
candidats à la VAE est paru.
Ce livret comprend trois pages reprenant l’intitulé du diplôme ou
titre souhaité, une rubrique avec les informations concernant le candidat,
identité, dernier emploi, niveau de formation, une rubrique pour détailler
l’expérience salariée, non salariée ou bénévole, une rubrique listant les
documents à joindre à la demande et une déclaration sur l’honneur. Il vise à
simplifier et accélérer les démarches, et permettra d’établir des
statistiques.
JO n° 109 du 11 mai 2007.
Page 8467, texte n° 9.
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SOCF0750586A#
sur www.lavae.org/vaeguidance
Le Fongecif Paca promeut le bilan de compétences et la
VAE
Ce n’est pas seulement parce que l’ANI a enjoint aux Opca de faire
la promotion du bilan de compétences et de la VAE que le Fongecif de Paca s’est
lancé dans une grande vague de promotion de ces deux dispositifs. Mais parce
qu’ils sont dramatiquement sous-utilisés. En 2006, il n’a financé que 1800
bilans et moins de 400 congés VAE.
« Le bilan de compétences est très méconnu,
explique Gérard Goron, le directeur. Il est souvent confondu avec
le bilan de compétences approfondi qui est prescrit par l’ANPE, ou envisagé
lorsqu’un salarié rencontre des difficultés dans son travail. Les salariés
craignent de revenir sur le passé ou de se poser certaines questions. Mais c’est
une démarche individuelle, que l’on ne subit pas, et dont les résultats
n’appartiennent qu’à soi. »
Pour que ça bouge, le Fongecif a contacté une agence de publicité
et communiqué par voie de presse : un robot et un site Internet au nom décalé marredelaroutine.com doivent séduire les usagers. On y trouve
la présentation des dispositifs, des témoignages et on y attire l’attention des
entreprises.
Gérard Goron a bien conscience qu’une campagne de communication ne
va pas bouleverser le rythme des dossiers du jour au lendemain, mais il espère
bien qu’elle portera ses fruits à moyen terme. Entre-temps, une plaquette
(téléchargeable sur le site) va être envoyée aux entreprises, souvent peu
enclines à favoriser ces mesures. Et des ateliers sont en préparation pour les
candidats au bilan de compétences pour en garantir la réussite.
http://www.marredelaroutine.com/
Désignation du Cnam pour
évaluer le dispositif de VAE pour les éducateurs
spécialisés d’Unifaf
Mercredi 16 mai, Unifaf, Opca de la branche sanitaire, sociale et médico-sociale privée à but non lucratif et le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) signeront une convention pour entériner le fait que le Conservatoire ait été choisi pour « évaluer
[le] dispositif d’accompagnement et d’accès au
diplôme d’éducateur spécialisé par
l’expérience », apprend-t-on dans un communiqué du 2 mai.
Lancé en 2003 par la commission paritaire nationale
pour l’emploi (CPNE) de la branche, un programme spécifique
d’accompagnement de la validation des acquis de l’expérience (VAE)
prévoit 175 heures financées par l’Opca pour obtenir le diplôme d’Etat
d’éducateur spécialisé (DEES). « Alors que plus de
3000 personnes en ont bénéficié depuis 2003, Unifaf s’appuie
aujourd’hui sur l’expertise du Cnam pour réaliser l’évaluation du
dispositif », explique ce communiqué.
Quatre axes d’évaluation sont ainsi prévus : « l’efficacité
et la performance au regard des objectifs poursuivis, des ressources
mobilisées et des résultats attendus », « la
pertinence pour la branche et pour Unifaf, notamment au regard des
enjeux de développement de qualification du secteur sur l’emploi
d’éducateur spécialisé », « la
cohérence et l’opportunité au regard des autres
possibilités d’accès au DEES » et les « effets d’impact sur l’ensemble des acteurs ».
Menée par Pascale de Rozario, sociologue des professions, responsable
de la mission Développements européens et formation au sein de la
direction nationale des formations du Cnam, cette mission doit se
dérouler jusqu’à la fin de l’année et un colloque sur ce thème est
programmé courant 2008.
Le Fafiec Ouest forme des « pilotes de formation professionnelle » pour les petites entreprises
Les
services formation ou même de ressources humaines brillent souvent par
leur absence dans les TPE et les PME de moins de 50 salariés. Ces
missions reposent sur le chef d’entreprise et, dans leur mise en œuvre,
sur une assistante ou encore un comptable. Pour armer ces personnels,
le Fafiec Ouest [ 1] organise des sessions de formation leur permettant de se professionnaliser et même de se qualifier.
« En tant qu’Opca, explique Béatrice Abadie, responsable de l’agence Fafiec Pays de la Loire, nous
rencontrons bon nombre d’entreprises dont la taille ne permet pas à
l’employeur d’avoir un vrai service RH. Dans les faits, la formation
est gérée par des assistantes qui, de temps en temps, ont à traiter de
ces questions-là. Vu la complexité des dispositifs, nous avons estimé
qu’il fallait les aider. »
Commencée en mars 2007, la deuxième promotion de onze
« pilotes de la formation pour TPE-PME » a terminé son cycle de
formation le 27 avril à Nantes. À raison d’une journée tous les mois,
les stagiaires ont complété, avec l’Afpa et le Cnam régionaux, le
parcours de trois jours « concrets et concis », précise Béatrice Abadie, nécessaire pour être opérationnelles [2] dans leur entreprise.
La première journée a été consacrée au recrutement pour
assister l’employeur tout au long du processus, depuis la définition du
poste. La deuxième journée a traité de la formation professionnelle
lors d’une journée co-animée par un conseiller du Fafiec. La réforme et
l’accord de branche ont été décryptés et détaillés, illustrés par des
exemples et soutenus par des fiches de synthèse. Enfin, le troisième
jour a consisté à perfectionner les participantes à Excel afin qu’elles
puissent gérer leurs plans de formation et des tableaux de bord sans
soucis.
Au bout de ces trois jours, elles obtiennent une
attestation de formation de « Pilote de formation TPE-PME », équivalent
d’un certificat de compétence professionnelle entrant dans le
référentiel d’ « Assistant RH » homologué par le ministère du Travail.
Avec deux jours de formation supplémentaire, eux aussi entièrement
financés par le Fafiec, elles peuvent entamer une démarche VAE pour
valider et obtenir ce titre professionnel. C’est ce que feront les neuf
premières inscrites à la session de juin.
La Région Ouest est pilote dans cette expérimentation.
Elle compte bien atteindre l’objectif de 60 stagiaires d’ici octobre
2007, date à laquelle le Fafiec devrait lancer un appel d’offres
national pour généraliser cette formation sur tout l’Hexagone.
[1]
Fonds d’assurance formation ingénierie, études et conseil qui est aussi
celui de l’informatique, des foires et salons et des traductions.
[2] Jusqu’à présent le public est à 100% féminin.
Le Fafiec décerne des CQP obtenus par VAE à des informaticiens
Il
leur aura fallu six mois de travail acharné pour parvenir au résultat
tant espéré : obtenir le certificat de qualification professionnelle
administrateur de réseaux d’entreprise (CQP ARE). Onze salariés de
trois grandes sociétés de l’informatique [1]
ont été accompagnés pendant tout leur parcours
pour obtenir le titre par la validation des acquis de
l’expérience.
Depuis 2005, la branche a mis au point le référentiel
du CQP ARE que l’on peut obtenir en contrat de professionnalisation.
Mais cette fois, les entreprises se sont intéressées à leurs ressources
internes « La VAE , a rappelé Michel de Laforce, président de la commission paritaire nationale pour l’emploi (CPNE), est
une priorité pour notre branche et les entreprises ont
désiré aller vers la qualification des compétences. » La rencontre de ces deux objectifs s’est donc traduite par ce projet expérimental conduit avec GT’M ingénierie, un organisme de formation spécialisé dans l’informatique.
Une réunion d’information a eu lieu dans chaque
établissement pour les candidats potentiellement intéressés. Mais après
la présentation du référentiel, les défections ont été nombreuses.
C’est ensuite cinq rendez-vous auxquels les candidats ont assisté.
Trois entretiens collectifs, leur permettant d’échanger et, pour le
dernier, de s’entraîner au passage devant le jury [2].
Deux entretiens individuels pour parfaire l’écriture du dossier de 30 à
60 pages qu’ils ont du détailler en y consacrant soirées et week-ends.
« Bien qu’ils aient été avertis du temps personnel qu’il faudrait y consacrer, explique Stéphanie Perez, consultante chez GT’M ingénierie, ils
n’ont pas réalisé à quel point cela allait perturber leur vie
personnelle et professionnelle. Mais c’est une démarche très importante
pour eux. Et pour les entreprises c’est une façon de les rendre acteurs
de leur parcours professionnel et de les valoriser auprès des clients »
Le Fafiec
finance l’accompagnement des VAE. 500 demandes (250 pour les
entreprises de plus de 10 salariés et autant pour celles de moins de
10) sont accessibles en 2007.
[1] Atos Origin, Steria et Sogeti
[2] Un jury par entreprise
France Opcareg lance un guide VAE pour les RH
Faciliter
le développement de la VAE dans les entreprises, voilà ce qui a présidé
à la conception d’un guide par le réseau France Opcareg [1].
Il s’adresse surtout aux directeurs des ressources humaines, aux
responsables de la formation professionnelle, aux gestionnaires des
compétences pour leur en faciliter la mise en place, mais aussi aux
salariés.
Ce guide de 32 pages fait le tour de la question en
cinq chapitres : comprendre la VAE, identifier les cinq étapes,
connaître les certifications accessibles, la mettre en œuvre dans
l’entreprise et financer la démarche. Le tout est illustré de
témoignages et d’exemples concrets.
En annexe, outre un modèle de convention tripartite
(bénéficiaire, entreprise, prestataire) et un modèle d’accompagnement,
un feuillet est consacré à la fonction de jury de VAE et des supports
de communication interne pour promouvoir une démarche collective sont
prévus.
On peut obtenir VAE, mode d’emploi à l’OPCIB-IPCO
2
Accord sur les financements de la VAE pour les demandeurs d’emploi en Midi-Pyrénées
16 avril 2007
Le
Conseil régional de Midi Pyrénées a adopté les 29 et 30 mars derniers
en Assemblée plénière une convention d’application du Plan régional de
développement des formations professionnelles sur le financement de la
VAE. Cet accord fixe les principes de complémentarité des interventions
des financeurs de la VAE, Etat (directions régionale et départementale
du travail), Conseil régional et Assedic, en faveur des demandeurs
d’emploi de Midi-Pyrénées.
Il vise à garantir un financement à tout candidat à la
VAE et notamment à assurer la gratuité pour les premiers niveaux de
qualification.
« Le chèque VAE région constitue le
socle du financement, complété selon les cas par l’Assedic (demandeurs
d’emploi indemnisés) ou l’Etat (chômeurs non indemnisés) », souligne le texte.
Quant au dispositif d’appui
renforcé, il concerne les personnes peu autonomes dans la
démarche. « Dans
la phase de préparation à la VAE (en amont du jury), il combine un
suivi et un accompagnement renforcés complétés le cas échéant par une
action de formation de type « remise à niveau » visant à lever des
freins (expression écrite, orale…), le tout coordonné par une personne
référente, généralement conseiller VAE du Point-Relais conseil », précise la convention.
L’accord court jusqu’au 31 décembre 2009.
Défense : l’opération « 1 000 parcours VAE » récompensée
Le ministère de la Défense
a reçu le 30 mars le Grand prix du management public (catégorie
développement des compétences) pour son opération « 1 000 parcours VAE
pour les personnels civils de la Défense », lors du Salon de l’emploi
public.
Organisé par le groupe de presse Le Moniteur, ce concours national
récompense des actions innovantes dans le domaine du management RH
(ressources humaines) des structures publiques.
Rappel : le ministère de la Défense a lancé l’opération
« 1 000 parcours VAE » en avril 2006 à destination de ses 80 000
personnels civils (19 % des effectifs de la défense). « Par anticipation de la loi de modernisation de la
fonction publique du 2 février 2007 qui transpose la VAE dans la
fonction publique, le ministère de la Défense a décidé en effet
d’utiliser la VAE comme outil de promotion sociale », explique le ministère.
Avec quels moyens ?
Le ministère prend en charge la totalité des frais
(entre 1 500 euros et 2 000 euros par VAE) : frais d’inscription dans
un Dava (dispositif académique de validation d’acquis), frais
d’inscription auprès des universités et centres de formation délivrant
des diplômes dans le cadre de la VAE, formations nécessaires pour se
présenter devant les jurys de validation, et formations dans le cadre
d’une validation partielle du titre ou diplôme. Un budget de 362 000
euros a été prévu à cet égard en 2006 (290 000 euros en 2007).
Pour quels résultats ?
Sur les 1 000 parcours VAE lancés en avril 2006, 600
personnels civils sont actuellement engagés dans un parcours VAE (dont
45 % de personnels de la filière technique). Parmi ces 600 salariés, 15
ont d’ores et déjà obtenu un diplôme (à la date du 15 décembre 2006),
dont une majorité de techniciens.
Au-delà, le ministère va accompagner 500 personnes
supplémentaires en 2007 dans une démarche de VAE, portant le nombre de
parcours de VAE à 1 500.
Une sensibilisation des employeurs sera par ailleurs engagée « afin
de favoriser la prise en compte des acquis de l’expérience
professionnelle dans la gestion de la carrière auprès des agents qui en
réunissent les conditions », précise le ministère.
La reconnaissance du diplôme
d’infirmier à bac+3 d’actualité après
les élections ?
Les
pouvoirs publics vont-ils reconnaître le diplôme d’État infirmier que
l’on obtient après un concours et trois ans et quatre mois de formation
au niveau licence [1] dans le système LMD et redéfinir la filière de formation [2] ?
Il semble que les pouvoirs publics renâclent. Dans un communiqué
diffusé à l’occasion de la journée d’action qu’elle organisait « contre
l’exclusion par les ministères de l’Éducation
nationale et de la Santé du diplôme infirmier du
système LMD » le 3 avril, la fédération santé de la CGT déplorait : «
Certains ont pu croire que la formation en soins infirmiers à bac+3,
après un concours d’entrée, conduirait enfin à la reconnaissance de la
formation initiale à bac+3 ; ce qui aurait eu des conséquences sur le
niveau de qualification statutaire dans la fonction publique
hospitalière, mais les ministères n’en veulent pas. »
Répondant aux questions de membres de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis),
réunis le 4 avril, Jean-Louis Bianco, codirecteur de la campagne
présidentielle de Ségolène Royal n’a pas exclu cette possibilité : « La reconnaissance à bac +3, pourquoi pas ? », a-t-il consenti. «
Mais sur la question de passer en catégorie A de la fonction
publique, tout reste à voir. Le débat est ouvert . »
Le 17 avril, une autre journée d’action, à
l’appel cette fois des syndicats d’infirmières
libérales [3] martèlera les demandes de cette profession en manque aigu de personnel.
La VAE inquiète les infirmiers du SNICS-FSU
Un télégramme adressé
aux candidats à l’élection présidentielle,
c’est la formule choisie par le SNICS-FSU pour tirer la sonnette d’alarme sur leur profession, notamment sur l’organisation de leurs études.
« Formation initiale en passe d’être bradée par méconnaissance de la profession infirmière et des responsabilités qui lui incombent-STOP- Baisse inéluctable à venir de la qualité des soins aux usagers-STOP-Promesses
jamais honorées telle l’intégration du
diplôme d’État d’infirmier dans le dispositif
LMD-STOP-Profession sur le point d’être dévalorisée et déqualifiée-STOP- »
Des soucis largement dus au spectre de la VAE qui serait mise en place pour obtenir le diplôme : « La VAE est un progrès pour tout le monde, explique Brigitte Le Chevert, secrétaire générale du SNICS-FSU, mais elle n’est pas possible pour une profession réglementée. » Selon les opposants au dispositif, une aide-soignante n’est pas sensée accomplir des actes infirmiers et ne peut donc pas valider ce qu’elle aurait exercé dans l’illégalité. « Je
pense que c’est possible à mettre en place, mais la
qualité des soins sera moindre. J’ai été infirmière
de bloc, je ne pourrai jamais remplacer le chirurgien. On pourrait
envisager de valider 3 à 6 mois d’expérience professionnelle, mais il
faut tout mettre en œuvre pour qu’elles puissent accéder à la formation
initiale, ou alors vous déqualifiez tout le monde, et les soins. »
Autre sujet de fâcherie : le passage au système LMD.
Avec 4760 heures de formation, dont 2240 de théorie, les infirmiers
réclament l’intégration au niveau licence, ce qui ne semble pas être
prévu par le ministère. Jusqu’à présent, seuls les médecins,
pharmaciens, dentistes et sages-femmes ont été intégrés : « Lors
d’une réunion de concertation du 19 mars on nous a dit qu’il y avait
une impossibilité absolue de définir la moindre équivalence entre les
formations infirmières et le système LMD, s’inquiète Brigitte Le Chevert, nous
ne pourrions obtenir de licence qu’en passant deux ou trois modules
supplémentaires, selon l’université et la région ! Il y a vingt ans nos
études duraient 28 mois, maintenant c’est 39 mois : aujourd’hui notre
profession est désespérée. »
VAE : une banque de ressources pour capitaliser les « bonnes pratiques »
La
DGEFP a présenté le 27 mars à Paris lors du colloque consacré à « la
VAE au coeur des politiques d’emploi » une banque de données accessible
sur l’intranet du ministère du travail (mintra.net). Avec un objectif
de valorisation et de capitalisation des initiatives prises par les
services déconcentrés du ministère du travail pour promouvoir des
actions collectives d’accès à la VAE, la démarche d’élaboration de cet
outil a consisté à formaliser les ressources et les compétences
mobilisées dans des actions « significatives », à dégager ce qui
pouvait être transférable et à isoler ce qui, dans l’intervention des
services, avait été déterminant.
Chaque action est présentée dans la base de données
sous un format unique, une « fiche-action »comprenant une présentation
générale (public concerné, durée, financement, outils, particularités,
etc.), un descriptif détaillé, des éléments du contexte, les conditions
de réussite et enfin, ce qu’il faut retenir pour transférer l’action.
38 actions sont recensées à ce jour.
Réalisée par le cabinet Dubouchet et Berlioz
consultant, l’étude-action qui a alimenté la base de données a exploré
une quarantaine d’actions mises en œuvre dans dix régions avec la
participation de trente DDTEFP auxquelles se sont associés leurs
partenaires du SPE, des Conseils Régionaux, des Cellules Régionales
Inter Services (CRIS) et des auteurs des actions elles-mêmes. Pour
s’assurer que les fiches actions auraient une valeur d’usage, des
groupes de travail ont défini selon quelles modalités et avec quels
outils, les expériences des uns pouvaient inspirer les initiatives des
autres.
Cette démarche participative vise à proposer une
méthode de développement des actions collectives VAE conjuguant les
effets positifs de trois vecteurs :
- une banque de ressources regroupant les fiches-actions ;
- une animation régionale
pour stimuler les promoteurs des actions collectives par le partage de
leurs initiatives et la mutualisation de leurs compétences et des
outils qu’ils ont créés ;
- la professionnalisation des acteurs,
orientée sur l’approche des entreprises, des collectivités et des
associations employeurs dont les besoins de conseil et d’accompagnement
procèdent de compétences distinctes de celles qui se sont forgées pour
répondre à la demande individuelle.
A partir de ces travaux, plusieurs
compétences mises en œuvre par les services ont
été identifiées :
- stratégiques.
Elles correspondent à la capacité de poser des diagnostics sûrs, de
mobiliser des opérateurs et des alliés pertinents, ou à faire
reconnaître la légitimité des services dans l’incorporation de la VAE à
la politique de l’emploi.
- techniques.
Elles se sont concrétisées notamment par la construction d’un
argumentaire intelligible pour les entreprises ou pour les publics
incertains, la réalisation d’outils de communication, l’élaboration de
conventions ou de chartes d’engagement des acteurs et des modalités
efficaces d’ingénierie financière.
- organisationnelles.
Elles renvoient à une répartition équilibrée des tâches, une
structuration des phases de montage et des calendriers de réalisation,
l’animation d’un réseau de certificateurs locaux et la conception
d’outils de communication ou de suivi.
- relationnelles.
Elles se manifestent par des attitudes conférant de la valeur aux
acteurs associés, la capacité à exiger le respect des engagements,
l’assurance de tenir les siens, notamment financiers, ou l’intelligence
de la gouvernance en conduisant les conflits d’intérêt vers des issues
positives.
La base sera ultérieurement
complétée par un espace collaboratif permettant de
partager les réponses… ou les questions.
En 2005, le nombre de VAE dans l’enseignement supérieur a progressé de plus de 20%
La
Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance
(DEPP) du ministère de l’éducation nationale vient de publier un bilan
sur la validation des acquis de l’expérience dans l’enseignement
supérieur.
En 2005, la progression du nombre d’actions de VAE
s’est poursuivie, avec 3 830 validations délivrées. Un chiffre en
hausse de 21,3% par rapport à 2004.
De même, l’augmentation du nombre de diplômes octroyés
en totalité (43% des cas) continue à un rythme soutenu (+29%) bien que
de manière moins rapide qu’en 2004 et 2005.
Un bémol à ce tableau globalement positif : la baisse
de la validation des acquis pour accéder à une formation, amorcée
depuis 2003, se poursuit avec 12 250 validations délivrées (-10,5% en
2005 après -8,3% en 2004).
La seule vraie nouveauté par rapport aux années
précédentes réside dans le fait que pour la VAE, à l’instar de la
validation décret 1985, les masters apparaissent comme les diplômes les
plus recherchés.
À quand tous les diplômes d’ingénieur par VAE ?
Ça
renâcle, et ça regimbe… À ce jour, 143 diplômes d’ingénieur sont
inscrits au Registre national de la certification professionnelle (RNCP),
et donc, logiquement, permettant à tout un chacun de les obtenir
par la voie de la validation des acquis de l’expérience.
Lors de la signature le 15 février de l’accord-cadre national pour le développement de la VAE (voir notre article),
Dominique de Calan, délégué général
de l’Union des industries et des métiers de la
métallurgie (UIMM),
a appelé de ses vœux des diplômes
d’ingénieur pouvant être obtenus par VAE :
« Les écoles rendent le dossier délicat, a-t-il souligné. Malgré nos épaules solides, nous avons besoin de votre soutien dans cette démarche. »
Le soutien de Gérard Larcher est, semble-t-il, acquis : « Pourquoi
s’interdire de devenir ingénieur par la VAE ? Je veux pouvoir le faire
comme nous l’avons fait avec l’apprentissage : de CAP à bac + 5. Je
suis prêt à faire tomber les cloisons ! »
Pas si simple. Il y aurait en tout, selon Anne-Marie
Charraud, rapporteur général de la Commission nationale de la
certification professionnelle (CNCP), quelque 520 diplômes d’ingénieur,
qui devraient, théoriquement déjà être tous inscrits au registre.
Malheureusement, leur inscription dépend de la volonté d’une personne
au sein de l’école de voir le dossier aboutir, avec le travail colossal
que cela implique. Il manque encore plus des deux tiers des diplômes à
rendre accessibles.
Les branches et les organisations interprofessionnelles d’employeurs relancent la VAE
Réunies
autour de Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à
l’Insertion professionnelle des jeunes, seize branches [ 1] et les quatre organisations interprofessionnelles d’employeurs [ 2] ont signé le 15 février un accord-cadre national pour relancer la VAE.
Première
brique dans la construction des parcours professionnels, la VAE
apparaît pour tous les signataires comme un outil de justice sociale et
d’égalité des chances. « Toute activité professionnelle apporte des compétences nouvelles, a souligné Francis Da Costa, président de la commission formation du Medef, au même titre que la formation initiale ou continue, le travail est formateur. »
De même, tous louent le fait qu’elle participe de la compétitivité
économique car elle favorise le développement des compétences et limite
les besoins en formation à ce qui est nécessaire : « Pour nous, a-t-il ajouté, il
faut éviter de poursuivre des études sans lien avec l’emploi. En
personnalisant les parcours de formation des salariés, la VAE doit
permettre d’adapter la durée des formations. » Mais les signataires
ont aussi identifié les points faibles : un dispositif lourd, un temps
d’instruction long, un accompagnement défaillant et une
individualisation à améliorer.
En premier lieu, l’accord prévoit d’optimiser les
procédures. Tout d’abord, en réduisant les délais de mise en œuvre de
la VAE de neuf à six mois. D’autre part, une procédure commune aux sept
ministères certificateurs pour analyser la recevabilité des demandes
est encouragée. Elle a fait l’objet d’une « charte des
services de l’État pour l’accompagnement des candidats à une
certification professionnelle par la voie de la validation des acquis
de l’expérience » (voir notre article) et va se concrétiser par la parution d’un formulaire de demande unique « pour le 15 mars », a assuré le ministre.
Des critiques ont concerné les jurys, les branches
insistant pour que leur représentation soit accrue, alors même qu’il
est difficile, de leur propre aveu, de trouver des volontaires pour y
assister. L’accord stipule qu’aussi bien les services de l’État que les
branches redoubleront d’efforts pour remédier à cette situation.
La VAE fera l’objet d’actions
communes concernant les seniors (action n° 6 du plan national
d’action concerté, voir notre article).
D’autre part, Gérard Larcher a rappelé que si le principe de la
gratuité de la VAE avait été acté par les signataires de
l’assurance-chômage, « pour les non indemnisés, dès
2007, nous avons mis 10 millions d’euros, pour parvenir à 20 000
certifications d’ici la fin de l’année ». Sachant qu’en 2006, il y
a eu 35 000 certifications totales et 25 000 partielles, son souhait
est d’atteindre les 60 000 certifications par VAE en 2007.
Cette signature a aussi été l’occasion de lancer le site www.vae.gouv.fr,
portail dédié à la VAE, pour lequel le Centre
Inffo a apporté son appui méthodologique à la
DGEFP.
La Commission nationale de la certification professionnelle se veut plus exigeante sur la VAE
La Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) vient de rendre public son rapport d’activité 2006 : « Plus
de 96% des certifications reconnues au niveau national, hors
enseignement supérieur, y figurent aujourd’hui », se félicite George Asseraf, président de la CNCP, dans l’avant-propos du rapport. « Cette
progression traduit notamment la prise en compte croissante de la
démarche de certification professionnelle qui tisse un lien entre la
formation et le marché du travail », analyse-t-il.
En 2006, le Répertoire national des certifications
professionnelles (RNCP) comptait 4 118 fiches-répertoires dont 3 644
sont consultables sur le site Internet de la CNCP, soit 25% de plus
qu’en 2005. Plus de 400 dossiers ont été instruits par la CNCP l’an
dernier, contre 365 en 2005, et 299 ont alors reçu un avis favorable.
Hors ministères de l’Enseignement supérieur et de la
Santé, 96,9% des certifications professionnelles nationales figurent au
RNCP et « la place des CQP [y] reste assez modeste », peut-on lire dans le document. Côté enseignement supérieur, « grâce
à un important travail conjoint avec la Direction générale de
l’enseignement supérieur (DGES), à la fin 2006, le bilan est
encourageant avec les trois quarts des licences professionnelles
enregistrées au Répertoire ».
Stratégiquement, la CNCP souhaite aller vers plus de
lisibilité et de convergence pour assurer une plus grande homogénéité
des libellés des certifications, s’appuyant notamment sur des
conventions collectives de branches ou sur les fiches du Répertoire
opérationnel des métiers et des emplois (Rome). En 2006, « dans
le souci de contribuer au développement de la validation des acquis de
l’expérience (VAE), la commission a rendu plus contraignantes les
orientations antérieurement applicables aux organismes n’ayant pas
encore ouvert ce droit individuel », est-il précisé dans ce rapport, expliquant notamment que depuis le début de l’année, « toute
demande d’enregistrement au RNCP devra préciser les conditions de mise
en œuvre effective de l’accès à la certification par la VAE, procédure
et modalités ; à défaut, le dossier ne pourra être examiné en
commission ».
Gérard Larcher inaugure le portail de la VAE
Le
ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à l’Insertion
professionnelle des jeunes, Gérard Larcher, devait inaugurer ce jeudi
15 février le portail de la VAE. Ce dernier fournit des informations pratiques destinées aux candidats et aux entreprises.
Ce même jour, le ministre devait signer l’accord-cadre
national de développement de la validation des acquis de l’expérience
avec le Medef, la CGPME, l’UPA (artisans), l’UNAPL (professions
libérales) et 15 branches professionnelles.
Selon le ministère, cet accord s’articule autour de cinq axes :
- le développement de
l’information et de la communication sur la VAE, tant en ce qui
concerne le grand public que les salariés ;
- l’optimisation des procédures, en
particulier en diminuant les délais entre l’inscription des candidats
et leur passage devant le jury ;
- le développement d’une politique
concertée au plan local, en particulier privilégiant les Comités de
coordination régionaux de l’emploi et de la formation professionnelle
comme lieux de concertation entre les parties prenantes au pilotage de
la VAE au plan territorial ;
- la mise en place des plans de
développement communs, dans le cadre d’actions nationales, comme le
plan seniors, les politiques en faveur des demandeurs d’emploi, et le
développement des dispositifs de gestion prévisionnelle des emplois et
des compétences lorsqu’ils existent ;
- l’amélioration de la compréhension
et de la cohérence de l’offre de certification, en particulier en
mobilisant la Commission nationale de la certification professionnelle
pour renforcer la lisibilité de l’offre de certification.
Le quotidien de la formation reviendra plus en détail sur cette information dans son édition du vendredi 16 février.
La sécurisation des parcours professionnels tiraillée entre les collectivités et l’État
Préparant
ses propositions pour les candidats à l’élection présidentielle, l’UNSA
a organisé le 23 janvier un colloque autour du thème de la sécurisation
des parcours professionnels. Bien que tous les participants aient
reconnu la nécessité de permettre à tous, salariés et demandeurs
d’emploi, jeunes et seniors, de développer leurs compétences tout au
long de la vie, leurs propositions concernant les modalités et les
pilotes de cette réforme font apparaître des différences de vue entre
service public et compétences régionales
Des
difficultés rencontrées par les jeunes pour s’insérer sur le marché du
travail aux fins de carrières qui interviennent trop tôt, le parcours
professionnel est marqué par la persistance des ruptures. Pour Vincent
Merle, professeur au CNAM, une des pistes pour sortir de ces situations
qui perdurent est de mettre l’accent sur l’orientation. Si la
nomination d’un conseiller interministériel sur cet aspect semble un
signe positif, il relève « un fort déficit du conseil en orientation. »
Les conseillers de l’ANPE sont dédiés à la
mise à l’emploi et n’ont pas le temps
d’orienter, les CIBC « sont tournés vers l’introspection, le retour sur son parcours et ont peu de connections avec l’entreprise. »
À côté de ceux-là, les conseillers
d’orientation psychologues de l’Afpa « sont experts en psychologie, mais pas en entreprise. » «
Sans créer d’autre guichet, il faut sérieusement réfléchir à la
formation des personnes chargées du conseil et de l’orientation. »
Même si l’entretien professionnel est une bonne chose, Vincent Merle ne
pense pas que l’entreprise soit le meilleur endroit pour le salarié qui
se remet en cause pour usure au travail. Il estime qu’il faut « un corps de professionnels pour les salariés. »
Même attente chez Sylvie Petitjean, directrice
générale Éducation-Formation au conseil
régional Poitou-Charentes : « Dans la Région nous ne disposons que d’une vingtaine de conseillers psychologues de l’Afpa, a-t-elle constaté. Il
faut une montée en compétences des conseils en
orientation et des prescripteurs, même si nous ne savons pas qui. »
Si la sécurisation est partiellement garantie par la
formation professionnelle, cette dernière mérite quelques aménagements
pour être plus efficace. Vincent Merle a constaté que malgré les avis
contrastés sur la réforme, la grande avancée est la notion d’individu
acteur de sa formation. « Il n’y aura d’évolution que
si le dialogue s’installe entre employeur et salarié pour de la
co-initiative ou du co-investissement. Cette étape était importante à
franchir. Du point de vue du cadre, cette réforme est un progrès, a-t-il reconnu, même si sa mise en œuvre n’est pas encore effective. »
Il a cependant regretté que le DIF ne soit pas
transférable et constaté que la réforme est
inachevée : « Entre
les droits ouverts et les besoins du marché du travail, il n’y a pas de
lien. La vieille idée selon laquelle il peut y avoir de promotion
sociale grâce à la formation est passée sous le boisseau. » Pour
Vincent Merle, il reste à construire un dispositif hors de
l’entreprise. Quant à Sylvie Petitjean, elle estime qu’il faut
restructurer les organismes de formation et l’offre de formation « dont
la logique se borne à offrir un nombre d’heures comme
seule réponse à une demande de plus en plus
individualisée. »
Se pose alors la question de qui met en œuvre tous les
outils de la sécurisation des parcours de l’orientation, la formation,
le DIF et la VAE ? « On peut rêver d’une grande structure publique, a évoqué Vincent Merle, fusionner
l’Afpa et l’ANPE, et l’Etat reprendrait la main sur les régions et
créerait une agence… Mais dela ne peut pas marcher car la dimension
territoriale est très importante, et la leur enlever serait une erreur. »
Pour Vincent Merle les solutions existent,
mais il faut laisser les partenaires sociaux et les
collectivités territoriales « trouver
leur propre système, utiliser des moyens nouveaux, comme la délégation
de service public. Cela se construit dans la durée. » Une idée
qui n’est pas pour déplaire à Jean-Claude Tricoche, secrétaire national
de l’UNSA en charge de la formation professionnelle : « Nous voulons avoir notre place sur les territoires, et pas seulement au niveau des branches ! »
Ni à Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT qui
s’est montré plus exigeant : « Il faut structurer le dialogue social territorial car il n’y a aucune formalisation. ».
Un chantier loin d’être
achevé, surtout si ces échanges trouvent un écho
chez les candidats à la présidentielle.
Rapport du CES : la formation et
l’apprentissage essentiels pour développer
réellement services à la personne
La section des affaires sociales du conseil économique et social (CES) rendait le 22 janvier son rapport pour développer les services à la personne. « Au-delà
de la loi Borloo, nous voulions sortir du discours incantatoire qui
consiste à dire qu’il y a là un gisement d’emplois alors que la réalité
a tendance à patiner », a tenu à préciser Yves Verrolet (CFDT), le rapporteur. « Nous
avons identifié les freins à un développement plus rapide et faisons
des préconisations, principalement dans quatre directions. »
Le rapport suggère que le CESU entre, « de façon solennelle »
a –t-il précisé, dans la négociation sociale, qu’il devienne un élément
de la négociation annuelle dans l’entreprise, mais distinctement des
rémunérations. Le deuxième axe concerne la facilitation de l’accès de
toute la population à ces services par des crédits d’impôts, le
troisième insiste sur la nécessité de renforcer la coordination et le
financement. Le quatrième axe veut revaloriser les conditions d’emploi
et la formation.
Le rapport suggère d’engager « un effort massif sur la formation
pour redorer l’image du secteur. Si les préconisations du
CES rejoignent dans les grandes lignes la feuille de route de l’ANSP (voir notre article), le rapport rentre dans les détails concernant certaines mesures à mettre en œuvre.
« Les contrats de professionnalisation,
l’apprentissage et de manière générale, la formation initiale en
alternance, sont aussi très peu développés, pour ne pas dire
inexistants dans ce secteur ». Pour remédier à cette situation, il
est recommandé de développer ces contrats, notamment les contrats
d’apprentissage en binôme. Les lieux de stages
devraient être diversifiés pour avoir lieu à la fois en structure
sociale et médico-sociale mais aussi en association d’aide à domicile
et même chez les particuliers employeurs.
Les diplômes doivent être rationnalisés
en partant du principe que certaines compétences sont transversales. Il
doit donc y avoir un tronc commun puis des formations différenciées. Le
CES recommande une concertation avec les professionnels du secteur et
estime que les ministères de l’Éducation nationale, du Travail et de la
Santé devraient harmoniser les référentiels de compétences et de
formation pour mettre le tronc commun en place. Le rapport approuve les
préconisations de l’ANSP concernant la VAE et ajoute que l’expérience
des bénévoles doit elle aussi être reconnue.
Concernant le financement de la formation
professionnelle, le rapport souscrit aux deux suggestions du plan de
développement des services à la personne qui souhaite que les
employeurs, personnes morales du secteur qui ne paient pas la taxe
d’apprentissage s’acquittent d’une « contribution
patronale à la formation initiale en alternance qui pourrait être fixée
à 0,5% et qui pourrait être compensée, en tout ou partie par un
ajustement à la baisse de la taxe sur les salaires. » Le rapport
suggère également que la contribution des particuliers employeurs à la
formation professionnelle soit portée à 0,5% (voir la réaction de la Fepem dans cette édition).
La professionnalisation des structures avec la
formation de l’encadrement font aussi partie des préconisations du CES
pour accélérer le développement de ce secteur.
Les branches et les organisations interprofessionnelles d’employeurs relancent la VAE
Réunies
autour de Gérard Larcher, ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à
l’Insertion professionnelle des jeunes, seize branches [ 1] et les quatre organisations interprofessionnelles d’employeurs [ 2] ont signé le 15 février un accord-cadre national pour relancer la VAE.
Première
brique dans la construction des parcours professionnels, la VAE
apparaît pour tous les signataires comme un outil de justice sociale et
d’égalité des chances. « Toute activité professionnelle apporte des compétences nouvelles, a souligné Francis Da Costa, président de la commission formation du Medef, au même titre que la formation initiale ou continue, le travail est formateur. »
De même, tous louent le fait qu’elle participe de la compétitivité
économique car elle favorise le développement des compétences et limite
les besoins en formation à ce qui est nécessaire : « Pour nous, a-t-il ajouté, il
faut éviter de poursuivre des études sans lien avec l’emploi. En
personnalisant les parcours de formation des salariés, la VAE doit
permettre d’adapter la durée des formations. » Mais les signataires
ont aussi identifié les points faibles : un dispositif lourd, un temps
d’instruction long, un accompagnement défaillant et une
individualisation à améliorer.
En premier lieu, l’accord prévoit d’optimiser les
procédures. Tout d’abord, en réduisant les délais de mise en œuvre de
la VAE de neuf à six mois. D’autre part, une procédure commune aux sept
ministères certificateurs pour analyser la recevabilité des demandes
est encouragée. Elle a fait l’objet d’une « charte des
services de l’État pour l’accompagnement des candidats à une
certification professionnelle par la voie de la validation des acquis
de l’expérience » (voir notre article) et va se concrétiser par la parution d’un formulaire de demande unique « pour le 15 mars », a assuré le ministre.
Des critiques ont concerné les jurys, les branches
insistant pour que leur représentation soit accrue, alors même qu’il
est difficile, de leur propre aveu, de trouver des volontaires pour y
assister. L’accord stipule qu’aussi bien les services de l’État que les
branches redoubleront d’efforts pour remédier à cette situation.
La VAE fera l’objet d’actions
communes concernant les seniors (action n° 6 du plan national
d’action concerté, voir notre article).
D’autre part, Gérard Larcher a rappelé que si le principe de la
gratuité de la VAE avait été acté par les signataires de
l’assurance-chômage, « pour les non indemnisés, dès
2007, nous avons mis 10 millions d’euros, pour parvenir à 20 000
certifications d’ici la fin de l’année ». Sachant qu’en 2006, il y
a eu 35 000 certifications totales et 25 000 partielles, son souhait
est d’atteindre les 60 000 certifications par VAE en 2007.
Cette signature a aussi été l’occasion de lancer le site www.vae.gouv.fr,
portail dédié à la VAE, pour lequel le Centre
Inffo a apporté son appui méthodologique à la
DGEFP.
L’ANPE d’Ile-de-France forme ses agents à la VAE
“La
VAE est un des moyens pour que les demandeurs d’emploi se qualifient et
répondent au mieux aux offres d’emploi ; c’est la raison pour laquelle
notre partenariat avec la Région est de plus en plus serré pour
prescrire ces “chéquiers VAE”, explique Jacqueline Tessier, de la
Direction régionale d’Ile-de-France de l’ANPE, mercredi 10 janvier,
lors de la matinée d’information du Conseil régional d’Ile-de-France
sur ce dispositif.
L’agence régionale a choisi d’être uniquement un lieu
d’information sur la validation des acquis de l’expérience (VAE) mais,
par son rôle d’intermédiation sur le marché du travail, elle est la
seule structure habilitée à proposer ces “chéquiers VAE”. Depuis 2004,
en collaboration avec la Région, l’Afpa ou encore l’Education
nationale, l’agence a mis en place un séminaire de formation de deux
jours à destination de ses agents pour les familiariser avec le
dispositif. “Ces formations sont indispensables pour développer la VAE”, reprend Jacqueline Tessier. “Un
certificat de compétences interne a même été créé pour que les agents
deviennent des référents en la matière et informent leurs collègues.”
Depuis 2004, 180 agents ont ainsi été formés, couvrant les trois quarts des 160 agences du réseau. “Cette
année, nous allons travailler sur le devenir des bénéficiaires des
“chéquiers VAE” de 2005 et 2006 ; nous avons même recruté un démographe
à cet effet”, poursuit Jacqueline Tessier.
Le plan senior décrypté pour les services
La circulaire 2006-38 du 13 décembre
2006 de la DGEFP traite de la mise en œuvre du plan
d’action concerté pour l’emploi des seniors pour la période 2006-2010.
Envoyée à l’ensemble des services pour les mobiliser
sur les objectifs du plan (document joint), elle recommande la création
d’un réseau national et de réseaux locaux de correspondants seniors, pour que le ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement puisse piloter le plan.
L’ensemble du service public de l’emploi est concerné
par la mise en œuvre du plan avec des objectifs fixés dans les contrats
signés avec les partenaires : le contrat de progrès entre l’État et
l’ANPE 2006-2010 et ceux signés avec l’Afpa et l’Anact pour 2004-2008.
Le ministère demande l’organisation dans chaque région
d’assises régionales sur les pratiques des entreprises en matière de
gestion des âges (action n°2 du plan national d’action concerté pour
l’emploi des seniors). Il demande
que les seniors soient un public prioritaire des Edec (engagements de
développement de l’emploi et des compétences) et du dispositif
d’appui-conseil à la gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences (GPEC)
La circulaire traite également de l’utilisation du
Fonds pour l’amélioration des conditions de travail (FACT) pour des
actions traitant de la gestion des âges. Les subventions de ce fonds
sont désormais prioritairement ciblées sur l’aide aux petites et
moyennes entreprises engagées dans la prévention des risques
professionnels. (Une nouvelle circulaire concernant le FACT est
actuellement en cours d’élaboration et sera diffusée début 2007).
Pour accompagner les demandeurs
d’emploi vers la VAE, l’Ile-de-France s’oriente vers
une habilitation des prestataires
Sur
les exercices 2005 et 2006, 2935 demandeurs d’emploi franciliens ont
demandé, par le biais des ANPE, à bénéficier du dispositif de “chéquier
VAE” du “volet 1” mis en place par la Région ; chéquier destiné à
prendre en charge un accompagnement pour la préparation des dossiers de
validation des acquis de l’expérience (VAE) avant de passer devant un
jury. “Avec près de 3000 personnes concernées, on doit
commencer à cadrer un peu mieux et aller vers une sorte d’habilitation
des organismes pratiquant cet accompagnement”, a expliqué Claude Szatan, chef de projets à la Direction de la formation professionnelle du Conseil régional d’Ile-de-France,
mercredi 10 janvier, à l’occasion d’une matinée d’information et
d’animation à destination des divers acteurs œuvrant autour de ce
dispositif. “Aujourd’hui,
personne ne peut dire ce qu’est un bon accompagnement, on ne peut
récuser tel ou tel type d’accompagnement.”
Devant ce flou, dû à la
jeunesse de la notion même de VAE, le Conseil régional a
commandé une étude au cabinet Plein-sens
pour y voir un peu plus clair dans ce qui se pratique en la matière.
Pas encore validée par les élus de la Région et appelée à être
complétée par des éclairages d’autres partenaires comme l’ANPE, “cette étude n’est pas une évaluation du chéquier VAE”, avertit Julie Micheau, consultante du cabinet Plein-sens. “Le
dispositif étant encore immature, il ne faut pas s’attacher aux
chiffres mais, plutôt, à ce qu’ils impliquent qualitativement.”
Le premier enseignement est que les prestations
d’accompagnement proposées aux demandeurs d’emploi franciliens
diffèrent largement les unes des autres : les durées des prestations
vont de 4 à 32 heures, se concentrant entre 11 et 16 heures. Leurs
coûts s’échelonnent de 300 à 1500 euros et elles sont de nature
individuelle, collective ou mixte. Globalement, les bénéficiaires [1]
consultés jugent que cet accompagnement est bon, 43% considèrent qu’il
peut être amélioré et 4% pensent qu’il est à revoir complètement.
A partir de ce premier état des lieux, le cabinet a
énoncé un certain nombre de préconisations pour perfectionner le
dispositif. “Nous nous sommes rendu compte que les
demandeurs d’emploi ne savaient pas s’ils avaient le temps de suivre
cet accompagnement, il est sûrement important que cet aspect soit
abordé entre l’accompagné et l’accompagnant lors d’une
contractualisation entre les deux parties”, relève la consultante.
Aussi, 32% des personnes consultées ont considéré que la VAE leur avait
coûté cher, l’aide régionale ne couvrant pas l’intégralité des frais : “Le
chéquier doit-il prendre en charge les coûts annexes,
comme ceux de transport ou de photocopies ?”, continue la consultante. “Aussi,
faut-il élargir le dispositif jusqu’à une
articulation en amont avec un accompagnement sur la recevabilité
du dossier ?”
Plus importante encore est la préconisation de faire en
sorte que le Conseil régional aille vers une forme d’habilitation des
organismes prestataires de ces accompagnements vers la VAE. “Depuis
le début, nous sommes conscients que la faiblesse du dispositif réside
dans le fait de laisser la liberté aux prestataires de créer cet
accompagnement dans la limite de seuils imposés”, explique Claude Szatan du Conseil régional. “Nous
allons désormais nous attacher à analyser ce qui se
pratique dans l’accompagnement en tant que tel”
pour en affiner la connaissance. Ainsi, une fiche descriptive (voir la
pièce jointe) sera envoyée à tous les prestataires pour qu’ils y
détaillent leurs pratiques ; remplir cette fiche sera même, à compter
du 1er février prochain, conditionnel à la prise en charge des
prestations. Ce qui ressortira de l’étude de ces fiches va aider à
mieux comprendre ce qui se fait et servira, à terme, à l’élaboration
d’une forme d’habilitation des prestataires par la Région.
Afin d’éviter un phénomène d’allotissement et ainsi de
continuer à couvrir un maximum de certifications, la Région réfléchit
actuellement, avec son service juridique, à mettre en place un système
spécifique d’appel d’offres. “Il faut que cet appel
d’offres soit le plus souple possible de telle sorte que l’innovation
en matière de pratiques soit possible”, conclut le chef de projets à la Direction de la formation professionnelle du Conseil régional.
JL/ADP/11-01-2007
Pour 2007, la Région Ile-de-France propose 2400 “chéquiers VAE” aux demandeurs d’emploi
A l’occasion de la matinée
d’information et d’animation à destination des
divers acteurs œuvrant autour des “chèquiers
VAE” proposés par la Région Ile-de-France,
Claude Szatan, chef de projets à la Direction de la formation
professionnelle du Conseil régional a présenté les
principaux résultats de ces dispositifs et les orientations pour
2007. Ces “chéquiers” sont destinés aux
demandeurs d’emploi franciliens et proposés par
l’ANPE.
Concernant le “volet 1”,
destiné à accompagner les demandeurs d’emploi avant
qu’ils ne se présentent devant les jurys de validation,
1612 demandes ont été faites en 2006 et 1505 ont
été acceptées, soit une augmentation de 22% par
rapport à 2005. 62,13% des bénéficiaires avaient
entre 30 et 45 ans et 28,31% plus de 45 ans ; près de 69%
étaient des femmes. Avant d’engager la démarche de
VAE, 31% des bénéficiaires d’un
“chéquier” n’avaient aucune certification et
34% une certification de niveau V. Le niveau III était le niveau
le plus visé par les bénéficiaires puisqu’il
représentait en 2006, 42% des demandes contre 26,5% pour le
niveau V et 24% pour le IV. Les certifications les plus demandées
étaient le BTS d’assistant de direction (148 demandes), le
CAP petite enfance (147) puis le BTS comptabilité et gestion des
organisations (63) ; l’Education nationale étant de
loin le premier certificateur avec 81,5% des certifications
visées. L’accompagnement a été
réalisé dans 1351 cas par le certificateur et, dans les
154 restants, par 36 organismes non certificateurs. Le coût moyen
d’accompagnement accordé par la Région
s’élevait à 446,31 euros.
Toujours sur ce même “volet
1”, sur les 1268 bénéficiaires de 2005, 42%
étaient passés devant un jury, avec près de 59% de
validation complète, 36,5% étaient encore
accompagnés, 9,5% attendaient la convocation du jury et 13%
avaient abandonné.
Concernant les deux autres
“volets” de chéquiers VAE, en 2006, il y eut 58
demandes et 43 attributions pour le “volet 2” [1] contre 50 attributions en 2005 et 20 attributions pour le “volet 3” [2].
Pour 2007, la Région propose de
financer 2100 chéquiers “volet 1” d’un montant
maximum de 475 euros à utiliser dans les six mois, 110
“volet 2” d’un montant maximum de 1600 euros, avec un
coût horaire plafonné à 9,15 euros à
utiliser dans les dix mois et 190 “volet 3” avec un
coût horaire plafonné à 7 euros à utiliser
dans les six mois.
JL/AD/11-01-2007
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques/statistiques/politique-emploi-formation-professionnelle/formation-professionnelle/validation-acquis-experience-2094.html?var_recherche=vae
Le CNFPTLV édite ses recommandations pour le développement de la VAE
Le Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie CNFPTLV
a édité ses recommandations concernant le
développement de la VAE, premier thème dont s’est
saisi le CNFPTLV. Adoptées à l’unanimité par
ses membres lors de la séance plénière du 4
octobre dernier (voir notre article),
elles sont destinées à l’ensemble des acteurs
publics et privés de cet accès à la certification.
Le Conseil dressera un bilan de la mise en œuvre de ces recommandations d’ici un an.
BD/AP/21-12-2006
L’Afpa lance un nouveau site d’aide à l’orientation pour la VAE
Son nom : oriadisvae.fr.
Sa raison d’être : aider les salariés à
se repérer dans le maquis des réglementations et des
procédures qui caractérisent la VAE. L’Afpa a
annoncé lundi 18 décembre son lancement dans un
communiqué de presse.
« Soucieuse
d’améliorer son offre de service, l’Afpa
(Association pour la formation professionnelle des adultes) lance
www.oriadisvae.fr visant à mieux accompagner les personnes
intéressées par une VAE », explique l’association.
Laquelle a délivré 3 411
titres en 2005 et 11 726 certifications de compétence
professionnelle, soit des taux de réussite respectivement de
85,9% et 80,5%.
DG/P/19-12-2006
120 000 VAE d’ici fin 2007 (Gérard Larcher)
Le ministre délégué au
Travail et à l’Emploi a expliqué vendredi 15
décembre sur RTL que Gérard Larcher a
précisé que « fin 2006, on sera à 60
000 validations, fin 2007 à 120 000 ».
« Naturellement, il reste encore beaucoup de centres de validations à créer », a-t-il ajouté, « c’est le plan VAE, mis en place au mois d’août ».
Dominique de Villepin a demandé
jeudi à l’ANPE de donner la priorité aux personnes
à temps partiel et peu qualifiées dans
l’accès aux diplômes obtenus par validation des
acquis de l’expérience (VAE).
Plus de 3 000 personnes ont obtenu en 2005
un diplôme auprès du ministère de l’Emploi
grâce à la validation des acquis de
l’expérience (VAE), quasiment deux fois plus qu’en
2004, selon une étude publiée le 15 décembre par
le ministère de l’Emploi.
DG (avec AFP)/18-12-2006
L’Agence nationale des services à la personne transmet sa feuille de route au secteur pour se professionnaliser
Les
assises nationales des services à la personne du 13 décembre ont été
l’occasion du lancement de la feuille de route de l’agence nationale
des services à la personne ( ANSP).
Un document qui synthétise les travaux des acteurs du secteur engagés
depuis septembre 2006 lors d’assises interrégionales et fixe des
objectifs pour 2007-2009.
Le secteur transversal du service à
la personne a deux ans pour se professionnaliser. C’est le temps
que donne l’ANSP
aux acteurs pour adopter les mesures et engager les actions préconisées
par la feuille de route que leur a remise Laurent Hénart, son président.
Pour y parvenir le secteur doit agir dans plusieurs directions. Il doit achever de se structurer
en dotant les entreprises de services à la personne d’une convention
collective (voir l’autre article dans cette édition). Les structures
doivent se professionnaliser en développant la gestion prévisionnelle
des compétences, en créant le référentiel d’un BTS pour l’encadrement
intermédiaire et doivent améliorer les conditions de travail des
salariés.
L’autre chantier concerne les compétences du secteur. « La formation reste la clé dominante de la réussite de parcours de vie du salarié,
a confirmé Laurent Hénart. » La feuille de
route rappelle que l’offre
de formation, aujourd’hui complexe, doit être
clarifiée et accrue. Pour
ce faire, les partenaires sociaux et les services de
l’État vont devoir
établir des passerelles entre les certifications ;
aménager des
référentiels de diplômes avec un tronc commun en
vue d’une
certification de niveau V
« générique » ; rapprocher des
certifications
de niveau V ; créer un titre spécifique
« ménage » et
« repassage » et
former au permis de conduire pour améliorer la mobilité
professionnelle.
L’ANSP veut aussi développer l’alternance
pour accéder aux métiers. Par le biais d’accords de branche pour les
contrats de professionnalisation et dans le cadre de contrats
d’objectifs et de moyens (COM) conclus par les Régions pour développer
l’apprentissage afin de rendre les métiers des services à la personne
plus attrayants.
L’objectif est raisonnable : « La feuille de route ne nécessite pas de nouvelle loi, a expliqué Laurent Hénart, tout au plus des décrets, circulaires ou conventions. »
Financièrement, non plus, pas de problèmes. Il a chiffré un budget (50
millions d’euros par an, soit 100 millions pour deux ans) qu’il ne
devrait pas dépasser : « L’agence vient en soutien des mesures pour lesquelles on ne peut trouver de financement clair, a-t-il expliqué.
Les mesures concernant l’apprentissage seront financées par le fonds
national de développement et de modernisation de l’apprentissage, tout
comme les formations pour le tutorat. L’Agence finance les démarches de
certification qualité, l’observatoire de la branche dont nous avons la
charge, le financement du paritarisme, la VAE et l’expérimentation du
travail en binômes. »
Laurent Hénart a aussi assuré
que le Premier ministre
devrait annoncer lors de la conférence pour l’emploi qui
se tient
aujourd’hui 14 décembre à Matignon que les
ménages non imposables
bénéficieraient d’un crédit
d’impôt s’ils ont recours à des services
à
la personne. Jusqu’à présent, seuls les
ménages imposables
bénéficiaient d’un avantage fiscal sous forme
d’une réduction de leur
impôt.
Matinée
d’actualité du Centre Inffo sur la VAE : une charte
d’accompagnement bientôt adoptée
« La
finalisation de la charte des services de l’Etat pour l’accompagnement
des candidats à une certification professionnelle par la voie de la
Validation des acquis de l’expérience (VAE) est en cours », a annoncé
Gilles Schildknecht, chef de la
mission VAE au ministère de l’Education nationale et animateur du
groupe de travail sur ce thème, lors de la demi-journée d’actualité
organisée mardi 12 décembre par le Centre-Inffo et consacrée à
l’accompagnement des candidats à la VAE.
“Nous
avons cherché un point d’accord pour que les différents services
agissent de telle manière que les publics s’y retrouvent. Cette charte
est le fruit d’un travail en transversalité, entre des personnes et des
services qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble” lance Gilles Schildknecht.
A partir du moment où le dossier du candidat est jugé recevable, cette charte, dont “le contenu est validé mais pas encore la forme” précise l’animateur du groupe de travail, stipule que “les
ministères certificateurs [...] proposent un dispositif
d’accompagnement garantissant une même qualité des prestations sur
l’ensemble du territoire.” Et cette garantie s’articule autour de six points.
- Fournir une une information claire sur les procédures et les acteurs de l’accompagnement . “Pas encore assez claire”,
cette information concerne les Points-relais-conseil (PRC), les
services VAE des ministères et des universités, les Centres de bilan ou
encore les Centres d’information et d’orientation (CIO). Ces structures
sont incitées à apporter les informations utiles sur l’accompagnement,
les organismes habilités à le faire ou encore les personnes à contacter
pour engager la démarche.
Offrir des conditions d’accueil adaptées , comme préciser le nom de la personne référente de l’accompagnement ou contractualiser le suivi.
Proposer
des délais d’attente et des durées en
cohérence avec [les] besoins et [les] contraintes [des candidats] . “Une
des conditions de réussite de la VAE réside dans notre
engagement à proposer des délais acceptables” assure Gilles Schildknecht.
En plus de la mise en place d’un calendrier, les services ministériels
s’engagent, par cette charte, à répondre à la demande d’accompagnement
dans un délai d’un mois.
Fournir les ressources documentaires nécessaires à la valorisation de [l’]expérience , en présentant notamment le référentiel de la certification visée.
Garantir la qualité des prestations d’accompagnement
Un retour sur le parcours du candidat, un entretien d’analyse
descriptive des activités, une assistance à la description écrite, des
préparations à l’entretien devant le jury ou à une mise en situation
professionnelle sont au nombre des engagements des futurs signataires
de la charte.
- Etre à l’écoute [des] remarques . “Il
faut rester à l’écoute des utilisateurs pour
pouvoir, les cas échéant faire évoluer les
dispositifs”, souligne l’animateur du groupe de travail.
“Dans cette charte, nous n’avons pas
voulu préciser ce que devrait être la prestation d’accompagnement en
tant que telle, ce n’est pas un cahier des charges”, assure Gilles Schildknecht. “Il
existe un foisonnement de pratiques. Sans être dans une logique
de rassembler le tout, il fallait les mettre en cohérence.”
Dominique de Villepin, la CGT et la CFDT souhaitent "du concret" lors de la conférence de l’emploi et des revenus
A l’approche de la conférence
de l’emploi et des revenus réunissant l’Etat et les
partenaires sociaux, jeudi 14 décembre, au Centre
d’analyse stratégique, les participants commencent
à s’exprimer sur ce qu’ils en attendent. « Ce
n’est pas à quelques mois des échéances
électorales que nous allons pouvoir aborder des débats
d’ordre structurel, nous allons à cette conférence
pour obtenir des mesures concrètes et d’application
rapide », a expliqué Bernard Thibault,
secrétaire général de la CGT, sur RTL, lundi 11
décembre. La CFDT et son secrétaire national, Marcel
Grignard, a, pour sa part, espéré que cette
conférence soit « tout sauf un coup médiatique » mais contrairement à la CGT, n’exclut pas que cela débouche sur « un processus à long terme » suivi « d’autres rendez-vous ».
De son côté, le Premier
ministre, Dominique de Villepin, sur France Inter, ce même jour,
a déclaré que « le fait de
réunir les partenaires sociaux, tous autour d’une table,
le fait de partir avec un constat très lucide et très
clair, nous permet d’espérer très
concrètement après le 14 décembre, soit
d’entamer des négociations tout de suite sur des sujets
centraux pour aboutir dans les prochaines semaines et dans les
prochains mois, soit de prendre des mesures
concrètes ».
Aussi, a-t-il affirmé vouloir « avancer des propositions pour déboucher sur des mesures concrètes »,
citant, par exemple, le problème des femmes peu
qualifiées à temps partiel pour accéder à
la formation ou à la validation des acquis de
l’expérience. Pour la CGT, la priorité est la
question du salaire avec la revendication du « Smic à 1 500 euros » mais aussi, pour lutter contre les emplois précaires, la demande d’ « interrompre le recrutement en contrats nouvelles embauches (CNE) ».En direction des jeunes sortant du système éducatif sans qualification, Marcel Grignard de la CFDT demande un « accompagnement sur mesure (formation, logement, transport) ».
JL(avec AFP)/ADP/12-12-2006
VAE au ministère de l’Emploi : 3 000 diplômés en 2005
3 000 salariés ont obtenu en 2005 un
diplôme auprès du ministère de l’Emploi
grâce à la validation des acquis de
l’expérience, quasiment deux fois plus qu’en 2004,
selon une étude publiée lundi 11 décembre par le
ministère de l’Emploi (Dares).
Près de 3 200 personnes ont obtenu
un titre complet, soit un accroissement de 86% par rapport à
l’année précédente, tandis que plus de 7 000
candidats ont entamé ou poursuivi un parcours de validation,
explique la Dares.
Sept candidats sur dix étaient
chômeurs au début de leur parcours, alors que les
candidats sont plus souvent salariés dans les autres
ministères.
La variété des diplômes
présentés au ministère chargé de
l’Emploi s’est élargie en 2005, avec plus de 170
titres différents contre 70 en 2004, mais trois-quarts des
candidats se concentrent sur une quinzaine de titres.
Les candidatures aux titres des
métiers de l’industrie et du bâtiment ont fortement
augmenté en 2005, pour atteindre près du quart du total
contre 10% en 2004.
Plus de 22 600 titres et diplômes ont
été obtenus par la VAE auprès des
différents ministères certificateurs (Education
nationale, Agriculture, Jeunesse et Sports, Santé, Emploi) en
2005, toujours selon la Dares.
Le gouvernement a dévoilé fin
juin un plan de développement de la VAE, visant à tripler
en 2006 le nombre de bénéficiaires de cette
filière qui permet aux salariés de transformer leur
expérience en diplôme.
Objectif : passer de 24 000 bénéficiaires en 2005 à 60 000 en 2006 et 120 000 en 2007.
David Garcia/P/12-12-2006
Après d’âpres discussions, le CNFPTLV émet des recommandations consensuelles sur la VAE
Les textes sur la VAE approuvés
hier 4 octobre par le Conseil national de la formation professionnelle
tout au long de la vie (CNFPTLV) en
séance plénière ont surtout illustré la
volonté des membres du Conseil de trouver un consensus.
Âprement discutées, les recommandations du CNFPTLV
ont vu les débats se focaliser sur l’avenant n°2 du 8
juillet 2004 à l’ANI du 5 décembre 2003, relatif
à l’accès des salariés à la formation
tout au long de la vie professionnelle, et notamment sur la
définition des caractéristiques respectives des
diplômes et des titres à finalité professionnelle
d’une part, et des certificats de qualification professionnelle
d’autre part.
« Les organisations qui ont signé cet avenant, [CFDT et CFTC - NDLR] (Voir article), explique Jean-Claude Quentin (FO), vice-président du CNFPTLV tenaient
à faire figurer une mention à la mise en œuvre de
cet avenant dans les préconisations du Conseil. »
Mais les syndicats qui ont refusé de le signer, estimant
inacceptable que des certificats de qualification professionnelle (CQP)
soient accessibles via la VAE, même s’ils ne sont pas
inscrits au Répertoire national des certifications
professionnelles (RNCP), ont bataillé ferme (Voir article).
« Nous avons
trouvé une formule de compromis qui fait cependant
référence aux acquis de la négociation collective,
et nous ne pouvons que nous féliciter d’être
arrivés à adopter un langage commun sur un sujet comme la
VAE », explique le président Dominique Balmary.
Un enthousiasme pas forcément partagé par tous :
« Cela s’est transformé en un texte « mou », regrette Alain Lecanu (CGC) où
il n’est fait aucune mention de cet avenant qui fâche. Le
texte est tel que tout le monde peut y trouver ce qu’il veut et
ne pas y trouver ce qu’il rejette. » Le CNFPTLV a
tenu à faire mention de la « mission » de
service public conférée à la VAE, même si
tous les opérateurs qui la mettent en œuvre ne font pas
partie du service public.
Les recommandations sur la VAE ont
finalement été adoptées à
l’unanimité et feront l’œuvre d’une
publication (avis demandé avant l’arrêté
d’extension).
La séance a aussi donné lieu
à un point d’information sur l’avancée des
travaux du Conseil d’orientation de l’emploi sur la
sécurisation des parcours professionnels. Il a été
décidé que les deux instances collaboreraient lorsque les
questions de formation seraient abordées sans que les conditions
ou la forme de cette collaboration ne soit arrêtée.
Enfin le texte d’un
arrêté concernant le contrat-type d’apprentissage
(le formulaire Cerfa FA13 faisant l’objet d’une refonte)
était examiné. Mention étant faite de
l’apprentissage junior sur le document, ni les régions, ni
la FSU n’ont pris part au vote et la CGT s’est abstenue.
Béatrice Delamer/P/05-10-2006
Seules la CFDT et la CFTC ont finalement signé les deux avenants à l’ANI sur la formation
26 septembre 2005
Deux avenants à l’ANI
concernant l’entretien professionnel, le bilan de
compétences, le passeport formation et la VAE n’ont
finalement été signés que par la CFDT et la CFTC.
La préparation de la journée de mobilisation du 4 octobre
n’est peut-être pas étrangère aux refus des
autres centrales syndicales.
Deux avenants à l’ANI
étaient ouverts à signature jusqu’au vendredi 23
septembre, l’un concernant l’entretien professionnel, le
bilan de compétences et le passeport formation et l’autre
la VAE. Leur validation par l’ensemble des syndicats
représentatifs ne devait pas, à l’origine, poser de
problème, mais finalement, seuls deux d’entre-eux, la CFDT
et la CFTC, ont apposé leurs signatures.
À la CFE-CGC on justifie ce refus
par le fait de vouloir « marquer le coup suite à
l’avis favorable du Medef sur l’ordonnance du 2 août
qui permet à l’État de prendre en charge pour les
entreprises de 10 à 19 salariés, une partie des
cotisations pour la formation professionnelle », explique
Alain Lecanu. « L’ANI était le fruit d’un
consensus : les employeurs payaient davantage en matière de
formation et nous acceptions certaines concessions. Là, le Medef
a renié sa parole. Cette signature n’est pas à
l’ordre du jour et nous nous interrogeons sur d’autres
accords. »
A la CFTC, on indique « ne pas
vouloir mélanger les débats », et à la
CFDT, on précise « qu’un recours devant le
Conseil d’État est en cours » mais que cette
ordonnance est « un autre débat. C’est le
gouvernement et non pas le Medef qui en est à
l’origine ».
Après réunion de son
Comité confédéral national, FO indique
« qu’il n’y aura pas de signature dans
l’immédiat. La date du 23 septembre n’étant
pas une date butoir, explique Jean-Claude Quentin, pour qui
« le compromis des textes finaux est
insuffisant ».
À la CGT, on consulte
également pour savoir si par la suite, signature il y aura.
L’avenant sur l’entretien professionnel, le bilan de
compétences et le passeport formation ne devrait pas poser de
problème, mais une position ne sera pas adoptée avant le
mois d’octobre. « Le contexte global du moment, avec
la préparation de la journée de mobilisation du 4
n’est pas vraiment propice à une signature, indique
René Bagorsky, secrétaire confédéral CGT.
Les deux avenants sont en ce moment étudiés par les
unions départementales et les fédérations. La
commission exécutive se prononcera selon le résultat de
cette consultation. René Bagorsky se dit cependant
« gêné par le fait que les CQP de branche
soient éligibles à la VAE. L’utilité de
certains d’entre-eux reste à prouver. L’objectif est
de répondre aux besoins du salarié et non pas de la
branche ».
A la CFDT, Annie Thomas, secrétaire
nationale, rétorque que "les CQP sont issus de la
négociation collective et qu’il est tout à fait
normal qu’ils soient éligibles à la VAE ". Au
Medef, on ne souhaite pas communiquer de position officielle sur ces
difficultés à réunir les cinq signatures, qui
n’étaient pas prévues. On se dit
« malgré tout peu surpris qu’il y ait du retard
à quelques jours d’une manifestation
unitaire ». A la CGPME, Jean-François Veysset
reconnaît « qu’on attendait mieux. Mais il faut
laisser passer le 4 octobre. La majorité des syndicats
n’ont pas manifesté une opposition forte sur ce
texte ».
François Picard/AF/DG/PGM/26-09-2005
Les deux avenants à l’ANI négociés hier ne font pas l’unanimité des syndicats
21 juillet 2005
Les partenaires sociaux ont
négocié mercredi 20 juillet sur deux avenants à
l’ANI du 5 décembre 2003. Le premier porte sur
l’entretien professionnel, le bilan de compétence et le
passeport formation et le second concerne la VAE. Les nouveaux textes,
ouverts à la signature jusqu’au 23 septembre, ne
remportent pas l’adhésion unanime des syndicats.
Ces deux avenants avaient
déjà fait l’objet d’une négociation
l’été dernier qui n’avait pas abouti. Cette
année encore, les points d’achoppement ont porté en
particulier sur la VAE. Le texte prévoit que soient
éligibles à la VAE les titres et diplômes, les CQP
(certifications et qualifications professionnelles) inscrites au RNCP
(répertoire national des certifications professionnelles) et les
CQP de branches. La CGT aurait souhaité que ne soient retenues
que les CQP inscrites au répertoire, "car elles ont une
reconnaissance officielle et permettent une meilleure mobilité
pour le salarié que les CQP de branches, valables uniquement
dans la branche", affirme René Bagorsky, secrétaire
confédéral CGT. "Le risque est de voir les OPCA de
branche privilégier le financement des VAE pour des CQP de
branches, au détriment des autres", ajoute-t-il, alors que le
salarié doit pouvoir choisir la qualification qui lui sera le
plus utile dans son parcours professionnel".
De leur côté, la CFTC et la
CFDT acceptent que les deux types de CQP soient éligibles
à la VAE car "ne pas reconnaître les CQP de branches non
inscrites au répertoire, c’est nier le travail des CPNE
qui les définissent", explique Lionel Dubois, secrétaire
confédéral CFTC. "On ne peut pas empiéter sur les
prérogatives des branches, c’est à elles de veiller
à ce que les CQP soient valables et reconnues", ajoute
Céline Collot secrétaire confédérale
à la CFDT.
Sur le premier avenant, la
négociation a permis de préciser le contenu du bilan de
compétences, de l’entretien professionnel et du passeport
formation ainsi que l’organisation de la VAE et son financement
conventionnel.
- L’inscription des
éléments dans le passeport formation sera
effectuée par le salarié seul, et non par
l’employeur.
- Les résultats du bilan de
compétences seront transmis au salarié et non directement
à l’entreprise, pour des raisons de
confidentialité.
- L’entretien professionnel sera décidé à l’initiative du salarié et de l’employeur
La CFDT rendra un avis favorable tout comme
la CFTC, qui se dit globalement satisfaite "bien que les clarifications
des textes n’aient pas toutes été
apportées", précise Lionel Dubois. La CGT et FO sont
plutôt réservées, notamment sur la VAE, et la CGC
attend le résultat des ordonnances de ce jour sur
l’emploi. Tous les syndicats rendront leur avis définitif
début septembre après réunion de leurs instances
exécutives .
http://www.medef.fr/staging/site/core.php?pag_id=38303
Mariette Kammerer/PGM/21-07-2005
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